Une Soirée d’Enfer

Une comédie de Jean-Pierre Martinez

2 hommes / 2 femmes

Paresse, avarice, envie, luxure, orgueil, colère, intempérance… Comment, au cours d’une même soirée, sans même sortir de chez soi, commettre les sept péchés capitaux… sans finir en enfer ?

***

TÉLÉCHARGER LE PDF GRATUIT ACHETER LE LIVRE
Une Soirée d'Enfer théâtre télécharger texte gratuit  

Cet ouvrage peut être commandé en impression à la demande sur le site The Book Edition, avec des réductions sur quantité (5% à partir de 4 exemplaires et 10% à partir de 12 exemplaires), livraison dans un délai d’une semaine environ.

***

TEXTE INTÉGRAL

Une Soirée d’enfer

Personnages : Jean-Luc – Gabrielle – Stanislas – Deborah

1 – La paresse

Un studio genre bobo. Au centre un lit servant aussi de canapé. Le décor est constitué essentiellement de sept grands tableaux posés à même le sol contre le mur du fond. Tableaux aux motifs abstraits et aux couleurs criardes, peu différents l’un de l’autre. Jean-Luc est assis en face de son ordinateur, un bonnet sur la tête et une grosse écharpe autour du cou. Gabrielle, en revanche, a fait un effort de toilette et procède à un dernier raccord de maquillage.

Gabrielle – Tu es vraiment sûr que tu ne veux pas venir…?

Jean-Luc – Je préférerais, crois-moi… Mais je t’ai dit. Il faut absolument que je termine ce scénar pour lundi…

Gabrielle – Ça fait six mois que tu es dessus. Ça ne pourrait pas encore attendre jusqu’à demain matin ?

Jean-Luc – Non, je te jure… Le tournage a été avancé de deux semaines. Ils sont déjà en prépa. Ils n’attendent plus que le scénario, et je n’ai pas encore écrit une ligne de dialogue…

Gabrielle – Mais tu as déjà l’histoire, non ?

Jean-Luc – Oui, évidement.

Gabrielle – Ça parle de quoi, déjà…?

Jean-Luc – C’est l’histoire de… Comment dire… C’est l’histoire d’un pêcheur de morues surendetté qui… Il finit par demander à sa femme de se prostituer pour payer les traites de son chalutier…

Gabrielle – Un pêcheur de morues qui devient maquereau…

Jean-Luc – Ça devait se passer à Saint-Brieuc, mais la prod a une équipe de tournage qui vient de se libérer à Sofia, à cause d’un autre film dont le tournage vient d’être annulé…

Gabrielle – Alors c’est pour ça qu’ils sont si pressés…

Jean-Luc – Du coup, il faut revoir un peu l’intrigue, évidemment… La Bulgarie, ça ressemble beaucoup à la Bretagne, mais quand même… (Pris d’un doute) Il y a la mer en Bulgarie…?

Gabrielle – En tout cas, si Sofia était un grand port de pêche à la morue, ça se saurait…

Jean-Luc – Non, je te jure, je commence à flipper grave, Gabrielle…

Gabrielle – Allez, tu vas t’en sortir, comme d’habitude… Et puis tu n’es pas tout seul sur ce coup-là… Tu travailles avec Stanislas, non ?

Jean-Luc – Ouais, enfin, Stanislas, tu sais…

Gabrielle – Si tu viens avec moi chez mes parents, on peut rentrer tôt… Ça te détendra un peu, et tu te mettras à travailler après… Et puis il faut bien que tu manges, quand même…

Jean-Luc – Je n’ai pas la tête à ça, je t’assure… Je suis fatigué, je n’ai pas le moral… Et puis j’ai des frissons, je ne sais pas ce que j’ai… En tout cas, je n’ai vraiment pas faim…

Gabrielle s’approche de lui, tendrement maternelle.

Gabrielle – Mon pauvre chéri… Tu es malade ? Je peux rester là pour te soigner, tu sais…

Jean-Luc – Non vraiment, je t’assure… Je vais prendre une aspirine et ça ira très bien… Je ne veux pas te gâcher ta soirée… Tu m’excuseras auprès de tes parents, et puis voilà…

Gabrielle – Mais oui, ne t’inquiète pas. Ils vont être déçus, c’est tout…

Jean-Luc – En même temps, ce n’est pas comme si je ratais Noël ou le Jour de l’an, hein ? (Souriant) Shabbat, c’est tous les vendredi…

Gabrielle – Bon, alors je vais y aller…

Elle met son manteau pour sortir. Le regard de Jean-Luc tombe sur les tableaux qui l’entourent.

Jean-Luc – Ça représente quoi, déjà, ces tableaux que tu viens de peindre ?

Gabrielle – C’est une série sur les sept péchés capitaux.

Jean-Luc – Ah ouais…

Gabrielle (désignant successivement les sept toiles) – La paresse, l’avarice, l’envie, la luxure, l’orgueil, la colère et l’intempérance…

Jean-Luc – Ah ouais…

Gabrielle – D’après Saint Augustin, ces sept péchés sont à l’origine de tous les autres…

Jean-Luc – Saint Augustin…

Gabrielle – Tu n’aimes pas…?

Jean-Luc – Si, si… Enfin, c’est vrai que c’est un peu…

Gabrielle – Un peu…?

Jean-Luc – Un peu oppressant, quoi… Mais j’imagine que c’est fait pour ça… Pour détourner du vice les pauvres pêcheurs que nous sommes…

Gabrielle (déçue) – Tu n’aimes pas…

Jean-Luc – Mais si je t’assure… (Un temps pendant lequel il jette un nouveau regard perplexe sur les tableaux, cherchant quelque chose à dire) J’aime bien la luxure…

Gabrielle – Celui-là, c’est la paresse…

Jean-Luc – Ah tiens ?

Gabrielle – Oui…

Gabrielle s’apprête à s’en aller.

Jean-Luc – Tu pars avec ton frère ?

Gabrielle – Il est déjà là-bas. Tu sais bien que lui, le vendredi, il ne prend pas les transports…

Jean-Luc – Ah oui, c’est vrai… Mais toi, prends la voiture, ça ira plus vite.

Gabrielle – Je vais y aller en métro… Je n’ai pas très envie de conduire… Et puis comme ça, si tu veux nous rejoindre pour le dessert…

Jean-Luc – Pourquoi pas… Si j’arrive à avancer assez vite… Je vais mettre le paquet… (Ils s’embrassent) Mais si je ne peux pas venir, je préfère autant que tu dormes là-bas… Je n’aime pas trop te savoir dans le RER un vendredi, passé minuit…

Gabrielle – Ok…

Jean-Luc – Allez, amuse-toi bien…

Gabrielle – Bon courage, mon chéri…

Jean-Luc – Merci.

À peine Gabrielle est-elle partie que Jean-Luc semble reprendre vie. Il enlève son bonnet et son écharpe, et enclenche un CD : la chanson de Bénabar « Le Dîner », détaillant tous les faux prétextes qu’il vient de servir à sa copine pour se défiler : « J’veux pas y’aller à ce dîner, j’ai pas l’moral, j’suis fatigué, ils nous en voudront pas, allez on n’y va pas. En plus faut que je fasse un régime ma chemise me boudine, j’ai l’air d’une chipolata, je peux pas sortir comme ça… ». Peut-être culpabilisé par les paroles, il baisse la musique.

Jean-Luc – Putain, j’ai les crocs, moi…

Il va à la cuisine et revient avec un pack de bière et un paquet de chips. Il commence à boire à même la cannette et à se goinfrer bruyamment de chips. Son regard s’arrête sur un tableau, et il semble mal à l’aise, comme si la toile lui rappelait ses mensonges. Il se lève et retourne le premier tableau… au dos duquel est inscrit en gros : La paresse. Il semble à nouveau perturbé par l’inscription. Il se remet à son ordinateur, mais on l’entend jouer à des jeux vidéos. Jusqu’au moment où on sonne à la porte. Il semble paniqué.

Jean-Luc – Et merde…

Il arrête la musique et coupe le son de l’ordinateur. Il remet son bonnet et son écharpe en hâte. Il range le paquet de chips et la cannette de bière sous le lit. Et va ouvrir.

Jean-Luc – Stanislas…?

Stanislas – Salut ma poule, ça biche ?

Jean-Luc – Qu’est-ce que tu fais là ? Je croyais que tu avais une soirée, et que tu ne pouvais pas bosser avec moi sur notre scénar avant demain…

Stanislas entre.

Stanislas – Il est à peine sept heures et demie, ma poule ! Je te dérange ? Tu allais te coucher ?

Jean-Luc – Non…

Stanislas – Tu pars aux sports d’hiver ?

Jean-Luc – Non pourquoi ?

Stanislas – Je ne sais pas… Avec l’écharpe et le bonnet…

Jean-Luc enlève à nouveau son écharpe et son bonnet.

Jean-Luc – Ah non, c’est parce que… Je croyais que c’était Gabrielle…

Stanislas (intrigué) – Ah ouais…? Alors comme ça, quand vous êtes tous les deux, tu joues le moniteur de ski… Enfin, chacun ses fantasmes, hein… À propos, au sujet de ma soirée, tu n’en as pas parlé à Gabrielle ? Je l’ai croisée dans la rue, je lui ai dit que je venais ici…

Jean-Luc – Non, rassure-toi… Encore un de tes plans culs foireux ? (Stanislas fait un geste d’acquiescement faussement gêné). Alors, tu as des idées ?

Stanislas – Des idées…?

Jean-Luc – Pour le scénar ! Tu te souviens qu’on écrit un scénario ensemble ? C’est bien pour ça que tu es venu, non ? Pour bosser un peu avec moi avant ta… « soirée ».

Stanislas – À vrai dire, euh… Pas exactement…

Jean-Luc – Pas exactement…?

Stanislas – Bon, ça va, ils peuvent bien attendre encore un jour ou deux… On n’est pas à leur disposition, non plus…

Jean-Luc – En même temps, ils nous ont quand même signé un à valoir de 5000 euros chacun. Et pour l’instant, on n’a écrit que nos initiales sur le contrat. On peut imaginer que ça leur donne le droit d’espérer…

Stanislas – Écoute, je m’y mets dès que possible, je t’assure. Mais ce n’est pas pour parler boulot que je suis passé te voir.

Jean-Luc – Tiens donc…

Stanislas – Tu te souviens de cette fille que j’avais rencontrée sur ce tournage à Cergy-Pontoise ?

Jean-Luc – Non…

Stanislas – Mais si ! Deborah ! Une figurante. Une blonde. Elle jouait le rôle d’une serveuse à la cafétéria du tribunal.

Jean-Luc – Et alors ?

Stanislas – Ben… C’est avec elle que je dois passer la soirée…

Jean-Luc – Pour des raisons professionnelles, bien sûr.

Stanislas – Plus ou moins…

Jean-Luc – Et elle est comédienne.

Stanislas – Elle rêve de le devenir, en tout cas. Pour l’instant elle est surtout…

Jean-Luc – Serveuse à la cafétéria du tribunal de Cergy-Pontoise.

Stanislas – Voilà…

Jean-Luc – Et donc, tu lui as proposé de prendre sa carrière en main…

Stanislas – Il faut bien aider un peu la jeunesse…

Jean-Luc – Tu lui as raconté à quoi on reconnaît une starlette belge sur un plateau de tournage ?

Stanislas – Celle qui couche avec le scénariste…

Jean-Luc – Comme si on nous demandait notre avis pour le casting. C’est tout juste si on a le droit de voir notre nom figurer au générique…

Stanislas – Mmm…

Jean-Luc – Et Mélanie, elle est au courant de ton généreux projet de donner un petit coup de pouce à une jeune comédienne qui débute…

Stanislas – Pas vraiment, tu imagines… Et c’est là que j’aurais un peu besoin de ton aide…

Jean-Luc – Sans blague…

Stanislas – Tu pourrais dire à Gabrielle qu’on a passé la soirée ensemble à bosser sur notre scénar…

Jean-Luc – Ah, tu vois que tu t’en souviens finalement, quand tu veux, qu’on a un scénario à écrire ensemble…

Stanislas – Voire que j’ai passé la nuit ici, parce qu’on a travaillé comme des fous jusqu’à pas d’heure… Comme ça, si Mélanie en parle avec Gabrielle, j’aurais un alibi…

Jean-Luc – Et comment tu savais que Gabrielle passait la nuit chez ses parents ?

Stanislas – Par Mélanie ! Je te dis, elles se racontent tout, entre filles… On est fliqués, mon pote… Si on n’est pas un peu solidaires entre nous aussi pour retrouver un espace de liberté…

Jean-Luc – Moi, je n’ai rien à cacher.

Stanislas – Tu as quand même dit à Gabrielle que ce scénar était à rendre pour lundi… pour éviter de passer shabbat avec elle chez ses parents.

Jean-Luc – Ouais, bon… N’empêche qu’on doit quand même le finir pour la fin de la semaine…

Stanislas – Donc, tu lui as menti, toi aussi…

Jean-Luc – Tu fais chier Stan… Ça me met dans une situation très désagréable… Je te rappelle que Mélanie est aussi une amie à moi…

Jean-Luc – Allez… Je te revaudrai ça ! Je te jure que dès demain, quand j’aurais dessaoulé, je me mets à donf sur ce putain de scénar. J’ai plein d’idées, tu verras…

Jean-Luc – Tu parles…

Stanislas – Tiens, tu m’arranges l’affaire sur ce coup là, et j’écris tout seul les cinquante pages de dialogue. Tu n’auras plus qu’à cosigner, ça te va ?

Jean-Luc (tenté) – Tu me le jures ?

Stanislas – Si je mens, je vais en enfer !

Jean-Luc hésite encore un instant avant de céder.

Jean-Luc – Ok… Casse-toi, mais c’est la dernière fois, je te préviens…

Stanislas se précipite sur lui pour l’embrasser.

Stanislas – Merci Jean-Luc… Je savais que je pouvais compter sur toi… (Un temps avec un sourire narquois) Oh, putain… Jean-Luc… Ils ne t’ont pas raté, quand même…

Jean-Luc – Qui ?

Stanislas – Tes parents ! Ma mère m’aurait appelé Jean-Luc, je te jure… À peine sorti, je l’étrangle avec le cordon ombilical…

Jean-Luc – Mmm…

Stanislas – Ah, non, Gabrielle, il fallait vraiment qu’elle soit amoureuse de toi quand elle t’a rencontré… (Jouant la situation) Je m’appelle Gabrielle et toi ? Jean-Luc… Putain, moi, je suis la nana, je me casse en courant…

Jean-Luc (rongeant son frein) – Et ben c’est ça… Casse toi, alors…

Stanislas – Eh ? Tu as vu ma nouvelle bagnole, au fait ?

Jean-Luc – Quelle bagnole ?

Stanislas l’entraîne vers la fenêtre.

Stanislas – Ma Mini Cooper ! Regarde, elle est garée juste en bas… Intérieur cuir, tableau de bord en loupe de noyer… Toit ouvrant électrique… Je l’ai depuis lundi…

Jean-Luc – Tu ne te refuses rien…

Stanislas – J’ai signé le chèque d’acompte avec mon à valoir sur le scénario…

Jean-Luc – Je vois…

Jean-Luc – Un bijou, je te dis… Si Deborah ne craque pas en la voyant… Il n’y a pas trop de place à l’arrière pour faire des folies de son corps à moins d’être contorsionniste, mais bon… C’est pas les petits hôtels de charme qui manquent à Paris, non ?

Jean-Luc – À ce rythme-là tu pourras bientôt écrire un guide… Faute d’écrire le scénario pour lequel tu as déjà touché un acompte…

Stanislas – Et toi, alors, tu n’as vraiment jamais eu envie de tromper Gabrielle ?

Jean-Luc – Non…

Stanislas – Tu es pratiquement un Saint, tu sais ? T’as déjà un nom biblique… Non, sérieux, toi aussi tu devrais écrire un livre : L’Evangile selon Saint Jean-Luc…

Jean-Luc – Je t’emmerde.

Stanislas – Ou alors un bouquin, avec ta nana, sur… les petites recettes pour faire durer son couple… par Saint Jean-Luc et l’Ange Gabrielle…

Jean-Luc – Je croyais que tu étais pressé.

Stanislas se marre et s’apprête à s’en aller.

Stanislas – Allez… Shabbat shalom, mon frère…

Jean-Luc (le poussant vers la porte) – C’est ça, va te faire foutre aussi…

Stanislas se retourne une dernière fois vers les tableaux peints par Gabrielle.

Stanislas – Ils sont flippants, ces tableaux, non ? Qu’est-ce que ça représente au juste ?

Jean-Luc – Les sept péchés capitaux…

Stanislas – Oh, putain… Ta vie est vraiment un enfer, mon pote…

Stanislas s’en va. Jean-Luc, resté seul, soupire, puis décroche le téléphone.

Jean-Luc – Ouais… Je voudrais commander une pizza… Qu’est-ce que vous avez…? Ok, j’hésite entre Quatre Saisons et Margarita… Mettez les deux… Ouais, Jean-Luc Mercier… Oui, Jean-Luc, ça pose un problème…? 9 rue Parmentier… C’est ça… Merci… Euh, attendez… Vous pouvez rajouter une Calzone, aussi… Oui, ça fera trois en tout… Dans une demi-heure, ok…

Il raccroche, se met sur le lit, et zappe avec la télécommande sur la télé jusqu’à tomber sur un film X si on en juge par les bruits provenant du poste. Il semble impressionné, décapsule une nouvelle cannette de bière, et commence à sombrer dans une certaine somnolence…

Noir.

 

2 – L’avarice

Jean-Luc est réveillé par la sonnerie de la porte. Il émerge avec difficulté.

Jean-Luc – Merde, les pizzas… Ouais, j’arrive !

Il coupe la télé et va ouvrir. En chemin, il s’arrête devant un deuxième tableau et le retourne. Au dos de la toile on peut lire : L’avarice. Jean-Luc ouvre la porte.

Jean-Luc (dans le coltar) – Stanislas ?

Stanislas entre à nouveau, très speedé.

Stanislas – Oh, mon pote… Je suis dans une galère…

Jean-Luc – Qu’est-ce qu’il y a ? Ça n’a pas collé avec Margarita ?

Stanislas – Deborah… Je passe la prendre Gare du Nord, comme prévu… Par miracle, son RER de banlieue est à l’heure, dis donc…

Jean-Luc – Et alors ?

Stanislas – J’avais prévu de l’emmener dîner, tranquille. On revient à la bagnole… Plus personne !

Jean-Luc – Plus personne…?

Stanislas – Je l’avais depuis à peine une semaine, tu te rends compte ! Elle était encore en rodage…

Jean-Luc (pas très réveillé) – Deborah ?

Stanislas – Ma Mini Cooper ! On me l’a piquée, je te dis !

Jean-Luc – Ah merde…

Stanislas – Attends, ce n’est pas fini… J’avais laissé ma veste dedans avec tous mes papiers… et ma carte bleue ! C’était juste pour cinq minutes…

Jean-Luc – Oh, putain…

Stanislas – Je n’ai plus rien sur moi, je te dis ! Pas un euro, et aucun moyen de retirer de l’argent. C’est Deborah qui a dû me dépanner d’un ticket de métro pour venir jusqu’ici…

On sent progressivement que Jean-Luc n’est pas plus malheureux que ça de voir Stanislas dans la merde.

Jean-Luc – Ah, ouais, c’est con…

Stanislas – Moi qui voulais l’impressionner avec ma nouvelle bagnole, je te jure, c’est réussi…

Jean-Luc – Qu’est-ce que tu en as fait ? Tu l’as remise dans son RER pour Cergy-Pontoise ?

Stanislas – Je ne pouvais pas lui faire ça… Elle attendait beaucoup de cette soirée… Moi aussi… Elle est au café en bas…

Jean-Luc – Ah ouais…?

Stanislas – En attendant que je trouve une solution…

Jean-Luc – Une solution…?

Stanislas – Tu ne pourrais pas me dépanner de cent ou deux cents euros ? Que je puisse au moins l’inviter au restau…

Jean-Luc – C’est à dire que…

Stanislas – Je lui avais laissé entendre qu’elle pourrait passer la nuit à Paris, mais maintenant que je n’ai plus rien pour payer l’hôtel… Je ne peux quand même pas la ramener chez Mélanie…

Jean-Luc – Ben non…

Stanislas – Je ne sais déjà pas comment je vais lui expliquer que je me suis fait voler la bagnole Gare du Nord alors que j’étais supposé être ici avec toi en train de bosser…

Jean-Luc – Ah ouais, ça craint…

Stanislas – Bref, il me faudrait aussi un peu de blé pour l’hôtel…

Jean-Luc – Mmm…

Stanislas – Alors ?

Jean-Luc – Alors quoi ?

Stanislas – Tu peux me dépanner de deux cents euros ? Je te les rends dès que possible… Enfin, dès que j’aurais pu récupérer une carte bleue ou un carnet de chèques…

Jean-Luc – Ah, putain, tu n’as vraiment pas de bol…

Stanislas – Quoi ?

Jean-Luc – J’ai voulu me commander une pizza tout à l’heure, et je me suis rendu compte que Gabrielle était partie chez ses parents avec mon portefeuilles dans son sac… Du coup, tu vois, moi non plus, je n’ai rien à becqueter…

Stanislas – Merde… Et tu n’as vraiment pas de liquide sur toi ?

Jean-Luc – Vingt centimes, peut-être… Je peux te les passer, si tu veux…

Stanislas – Oh, putain… Et tu ne peux pas lui téléphoner ?

Jean-Luc – À qui ?

Stanislas – À Gabrielle ! Ce n’est pas si loin que ça, chez ses parents, non…?

Jean-Luc – Malheureusement, tu sais… C’est vendredi…

Stanislas – Et alors ?

Jean-Luc – C’est shabbat… Ils ne répondent pas au téléphone…

Stanislas – Oh putain… (Effondré) Bon ben tu peux quand même me prêter ta bagnole ?

Jean-Luc – Ma bagnole…?

Stanislas – Je pourrais au moins raccompagner Deborah chez elle. Tu imagines, les RER pour Cergy-Pontoise, à cette heure-ci… Je te jure, dans la tenue où elle est, je me demande déjà comment elle ne s’est pas fait violer avant d’arriver Gare du Nord… Je me sens responsable, mon vieux… Je ne suis même pas vraiment sûr qu’elle soit majeure…

Jean-Luc – Ah ouais, mais la bagnole, euh… Gabrielle l’a prise pour aller chez ses parents…

Stanislas – Je croyais que c’était shabbat…

Jean-Luc – Tu sais, je n’ai pas encore tout compris…

Stanislas – Oh, putain… Bon, tu permets au moins que j’aille pisser… Je n’ai même plus assez d’argent pour me payer des toilettes publiques…

Jean-Luc – Vas y, tu sais où c’est…

Jean-Luc laisse apparaître sa jubilation. Il remet le CD de Benabar avec la chanson « Tu peux compter sur Moi » : « Si t’as besoin de moi, peu importe le problème, pour te tendre la main si les autres portes se referment. La mienne est ouverte sans question, sans conditions, faut juste s’entendre sur la date j’ai des obligations. Tu peux compter sur moi, quand tu veux et où que ce soit, je serai toujours là pour toi, tu peux compter sur moi, mais surtout n’oublie pas… ». Le téléphone sonne, il coupe le CD et se précipite pour répondre.

Jean-Luc – Oui, allo…? Ah oui, salut Gabrielle… Non, non, je suis avec Stanislas là… Non, je suis désolé, mais je ne vais vraiment pas pouvoir venir… Non, non, ça va, mais on est en plein boulot… Si, si, ça avance super bien… On a plein d’idées… D’ailleurs, il va falloir que je te laisse, je suis désolé… Ok, je t’embrasse. Moi aussi… Passe une bonne soirée…

Il raccroche à peine le téléphone que c’est la sonnette qui se fait entendre. Il va ouvrir.

Jean-Luc – Ah, oui, merci… Oui, c’est ça, une Quatre Saisons, une Margarita et une Calzone… 29,90, d’accord… (Il sort une liasse de billets de sa poche) Tenez, voilà 30 euros… Vous pouvez garder la monnaie… Ouais, ben c’est quand même 10 centimes… C’est ça, ouais… Bonne soirée toi-même…

On entend un bruit de chasse d’eau. Jean-Luc planque en hâte les trois boîtes de pizzas sous le lit. Stanislas revient.

Stanislas (sentant l’odeur des pizzas) – Oh putain, j’ai la dalle, moi… Ça vient d’où cette odeur de pizzas ?

Jean-Luc – Ça doit venir de chez les voisins du dessous. Le parquet est très poreux…

Stanislas – Bon… Pour commencer, il faut que j’aille d’urgence au commissariat du coin pour déclarer le vol de ma bagnole…

Jean-Luc – Je suis vraiment désolé de ne pas pouvoir t’aider…

Stanislas – Je ferai un saut chez un autre pote qui habite pas très loin… J’espère qu’il pourra me dépanner…

Jean-Luc – Tu vas sûrement trouver une solution…

Stanislas – Ça me fout vraiment les boules…

Jean-Luc – C’est sûr… Une bagnole toute neuve…

Stanislas – La bagnole, je m’en fous. Ils vont me la rembourser. Non, c’est pour Deborah… Je m’y voyais déjà, tu comprends… Parce que tu verrais le morceau…

Jean-Luc – Ah ouais, c’est con…

Stanislas – Bon, écoute, je te demande juste un petit service…

Jean-Luc – Bien sûr, tu peux compter sur moi…

Stanislas – Si tu peux lui tenir compagnie pendant une petite demi-heure, le temps que je règle ça… La traîner dans un commissariat un vendredi, il y a plus glamour pour un premier rendez-vous…

Jean-Luc – C’est à dire que…

Stanislas – Je ne vais pas la laisser poireauter dans ce café… Parce qu’une fille comme ça, je t’assure, ça ne reste pas seule très longtemps…

Jean-Luc – Non bien sûr, mais…

Stanislas – Ok, je lui dis de monter…

Jean-Luc – Bon, une petite demie heure, alors…

Stanislas – Je te jure, c’est vraiment la soirée d’enfer… Enfin, avec toi, au moins, je suis tranquille…

Jean-Luc – C’est à dire…

Stanislas – Te vexe pas mais… Toi au moins, tu ne risques pas de me la piquer…

Jean-Luc – Ah ouais… Et pourquoi ça…?

Stanislas – Mais… parce que tu un garçon fidèle, voilà pourquoi… Saint Jean-Luc ! Et puis je ne suis pas sûr que tu sois vraiment son style…

Jean-Luc (vexé) – N’empêche que si Gabrielle rentrait à l’improviste, ça ferait mauvais genre… Tu es sûr que…

Stanislas – Bon allez… Plus vite je serai parti…

Stanislas s’en va. Jean-Luc reste là, anéanti.

Noir.

 

3 – L’envie

Deborah sonne à la porte. En allant ouvrir, Jean-Luc retourne un troisième tableau au dos duquel est inscrit : L’envie.

Deborah – Jean-Luc…?

Jean-Luc – Vas-y entre…

Deborah – J’avais peur de m’être trompée de porte… Stan m’a dit troisième gauche… Mais je n’étais pas sûre…

Deborah arrive. Blonde décolorée du genre super sexy mais pas forcément très futée. Elle regarde les peintures autour d’elle.

Jean-Luc – Non, non, c’est bien là… (Silence embarrassé) Heureusement que tu n’as pas sonné au troisième droite, c’est un pervers récidiviste en liberté conditionnelle…

Deborah – Non…?

Jean-Luc – Je plaisante, c’est mon beau-frère.

Deborah – Ah ouais, d’accord…

Jean-Luc – Assieds-toi… Tu veux boire quelque chose ?

Elle s’assied sur le lit.

Deborah – Merci, j’ai déjà pris un café au bistrot d’en bas…

Jean-Luc – Bon…

Deborah – Je ne voudrais pas te déranger… Fais comme si je n’étais pas là…

Jean-Luc avale sa salive en la regardant croiser les jambes très haut.

Jean-Luc – Ah, oui, ça… Ça ne va pas être évident…

Deborah – Bon, alors qu’est-ce qu’on fait ?

Jean-Luc – Je ne sais pas… (Pour détendre l’atmosphère) Tu veux faire un Monopoly ?

Deborah – Je ne sais pas jouer…

Jean-Luc – Je plaisante…

Deborah – Ah ouais, d’accord…

Jean-Luc – Ouais…

Deborah – C’est marrant, il sent la pizza, ton lit…

Jean-Luc – Ah oui ?

Deborah – Ça donne faim…

Jean-Luc – Je suis désolé, je n’ai pas grand chose à te proposer…

Deborah – Non, non, mais ça va…

Jean-Luc – Ok.

Deborah – C’est marrant, quand Stan m’a parlé de toi, je ne t’imaginais pas du tout comme ça…

Jean-Luc – Et tu m’imaginais comment…?

Deborah – Je ne sais pas… Plus vieux, en tout cas…

Jean-Luc – À cause de mon prénom, sûrement…

Deborah – C’est vrai que Jean-Luc…

Jean-Luc – Oui… J’ai regardé sur internet. Ça fait partie du top 5 des prénoms les moins populaires en France aujourd’hui…

Deborah – Ah oui…?

Jean-Luc – Je plaisante…

Deborah – Ah ouais, d’accord…

Jean-Luc – Alors comme ça tu… Tu travailles à la cafétéria du Tribunal de Cergy-Pontoise…

Deborah – Oui… Mais c’est juste un job en attendant…

Jean-Luc – En attendant…?

Deborah – De devenir comédienne !

Jean-Luc – Ah ouais, d’accord.

Deborah – Pour l’instant, j’ai seulement fait un peu de doublage… Une publicité pour de la lingerie.

Jean-Luc – Avec un physique comme ça, c’est dommage de faire seulement du doublage.

Deborah – Stan m’a proposé un rôle dans son nouveau film.

Jean-Luc – Son nouveau film…?

Deborah – Celui dont tu es en train d’écrire le scénario pour lui.

Jean-Luc – Pour lui… Ah ouais, d’accord…

Deborah – Ça doit être très motivant pour toi aussi.

Jean-Luc – De…?

Deborah – D’écrire un scénario de long métrage pour Stan. Jusqu’à maintenant, à ce qu’il m’a dit, tu écrivais surtout des sitcom pour la télé, non…?

Jean-Luc – Hun, hun…

Deborah – Stan pense à moi pour le rôle principal.

Jean-Luc – Je vois…

Deborah – Stan m’a dit que…

Jean-Luc (la coupant) – Stan est un peu mythomane, Deborah.

Deborah – Mythomane ?

Jean-Luc – Il ne faut pas trop lui en vouloir, tu sais. C’est le métier qui veut ça. Une sorte de déformation professionnelle, en quelque sorte. À force de raconter des histoires, on finit par les croire soi-même…

Deborah – Des histoires…

Jean-Luc – Tiens, à propos de sa voiture, par exemple…

Deborah – Sa voiture…?

Jean-Luc – Sa Mini Cooper… Avec les sièges en cuir et le tableau de bord en loupe de noyer et le toit ouvrant électrique. Il t’en a sûrement parlé, non ?

Deborah – Oui…

Jean-Luc – Et il t’a raconté qu’il se l’était fait voler…

Deborah – Oui…

Jean-Luc – Mmm… Il raconte ça à tout le monde… Enfin, aux filles surtout…

Deborah – Alors ce n’est pas vrai ?

Jean-Luc – Tu l’as vue, sa Mini Cooper ?

Deborah – Non…

Jean-Luc – Eh ben voilà…

Deborah – Alors tu veux dire que c’est un menteur ?

Jean-Luc – Euh… Oui… C’est ça que je sous-entendais en te disant qu’il était mythomane…

Deborah – Ah, d’accord… Mythomane… Je pensais que ça voulait dire obsédé sexuel…

Jean-Luc – Ça peut aussi vouloir dire ça…

Deborah semble catastrophée.

Deborah – Je n’aurais jamais cru ça de lui…

Jean-Luc – Et bien sûr, il a promis de faire de toi une star de cinéma…

Deborah – Comment j’ai pu être aussi naïve…

Jean-Luc – Je suis vraiment désolé, Deborah… Mais je crois que c’était mon devoir de…

Deborah – Non, non, je te remercie de m’avoir ouvert les yeux… Et moi qui commençais à…

Jean-Luc – Et il t’a dit qu’il était célibataire évidemment…?

Deborah – On n’en a pas vraiment parlé, mais…

Jean-Luc – Il est marié depuis cinq ans.

Deborah – Non…

Jean- Luc – Avec Mélanie. Une amie à moi.

Deborah – Tu es sûr ?

Jean-Luc – J’étais témoin à son mariage. Et je suis le parrain de son fils.

Deborah – Il a des enfants ?

Jean-Luc – Trois filles…

Deborah – Non ?

Jean-Luc – J’étais là à leur circoncision.

Deborah – Ah parce qu’il est…

Jean-Luc – Il ne te l’a pas dit ?

Deborah – Oh mon Dieu…

Deborah est au bord des larmes.

Jean-Luc – Je suis désolé…

Jean-Luc lui tend un paquet de mouchoir. Deborah essuie ses larmes et tente de prendre sur elle pour rebondir.

Deborah – Et toi, tu… Tu es marié…

Jean-Luc – Moi…? Non…

Silence pendant lequel Deborah essaie visiblement de mettre un peu d’ordre dans ses idées.

Deborah – Mais vous écrivez bien un scénario ensemble, non ?

Jean-Luc – Oui, oui, bien sûr… Enfin, c’est surtout moi qui écris… Je lui ai proposé ça après sa sortie de prison, pour lui remettre le pied à l’étrier…

Deborah – Sa sortie de prison ?

Jean-Luc – Ah, d’accord, il ne t’a pas parlé de ça non plus…

Deborah – Il m’a dit qu’il avait fait une école de scénariste à Hollywood pendant trois ans…

Jean-Luc – Trois ans, oui, c’est… C’est le temps qu’il a passé derrière les barreaux… C’est ça qui m’a donné l’idée de… C’est un projet de série pour la télé… Une sorte de Prison Break à la française, tu vois… Comme il avait une certaine connaissance du milieu carcéral…

Deborah – Mais qu’est-ce qu’il avait fait pour aller en prison ?

Jean-Luc – Je suis désolé, mais ça… Je ne peux vraiment pas t’en parler… C’est un ami, tu comprends.

Deborah – Bien sûr…

Silence pendant lequel Deborah digère toutes ces informations. Le portable de Deborah se met à sonner. Elle répond.

Deborah – Ah Stan… Si, si tout va bien… Au commissariat ? (Avec un sous-entendu) C’est ça oui… Et bien sûr, ils n’ont pas retrouvé ta voiture… Bon… Deux heures ? Ok, prends ton temps. Mais non, je n’ai pas une drôle de voix. Bon, ok, à tout à l’heure Stan… (Elle raccroche et se tourne vers Jean-Luc). Il m’a raconté qu’il était au commissariat…

Jean-Luc – Ah, oui, malheureusement, ça, ça peut-être vrai… Il est sous contrôle judiciaire… Il doit pointer tous les vendredis soir…

Deborah – On devait dîner ensemble au restaurant pour parler de mon rôle…

Jean-Luc – Et il t’a raconté qu’il s’était fait voler ses papiers et sa carte bleue…

Deborah – Oui…

Jean-Luc – Il a essayé de me taper un peu d’argent… Mais j’ai refusé… Je crois que ce ne serait pas lui rendre service…

Un temps. Deborah essaie visiblement de reprendre la main.

Deborah – Alors si je comprends bien, en réalité, c’est toi le patron de Stan.

Jean-Luc – On peut dire ça comme ça, oui…

Deborah – C’est toi le boss.

Jean-Luc – Oui…

Deborah – Et tu pourrais me trouver un petit rôle… dans ta série ?

Jean-Luc – Pourquoi pas…? Il faudrait faire des essais… Ça se passe dans une prison pour hommes, mais bon… Je ne sais pas… Je te verrais bien en visiteuse de prison… Je ne sais pas… Quelque chose qui se dégage de toi… Une envie de soulager son prochain… Je me trompe…?

Deborah – C’est mon côté Soeur Emmanuelle…

Jean-Luc – Non, je t’assure… ça me donne des idées… Pour mon scénario, je veux dire…

Deborah se fait provocatrice.

Deborah – Je pourrais t’impressionner, je t’assure… Mais pour l’instant, je suis tellement déçue.

Elle se love dans les bras de Jean-Luc, complètement déstabilisé.

Deborah – Jean-Luc… En fait, j’adore ce prénom… Je ne sais pas… Ça a un côté rassurant… Et puis mon oncle s’appelle Jean-Luc… Il s’est beaucoup occupé de moi quand j’étais petite…

Noir.

 

4 – La luxure

On retrouve Jean-Luc et Deborah au lit. Jean-Luc a l’air d’être dans un état second, complètement dépassé par les événements. Deborah paraît comblée.

Deborah – Alors, impressionné…?

Jean-Luc – Très…

Deborah – Je t’avais dit que je pouvais t’étonner…

Deborah s’apprête à allumer une cigarette. Jean-Luc semble revenir un peu à la réalité.

Jean-Luc – Qu’est-ce que tu fais ?

Deborah – J’allume une cigarette, pourquoi ?

Jean-Luc – Désolé, mais ça ne va pas être possible.

Deborah – Tu trouves ça trop cliché ?

Jean-Luc se lève pour s’habiller, cherchant ses vêtements épars.

Jean-Luc – C’est à dire que… Ma copine a l’odorat très sensible. Elle est non fumeuse… Plutôt du genre psychorigide, tu vois.

Deborah – Ta copine ?

Jean-Luc – Tu m’as demandé si j’étais marié, je t’ai dit que non. Je ne t’ai pas dit que j’étais célibataire…

Deborah – Ah d’accord… (Deborah, visiblement déçue, se lève en râlant, vêtue seulement d’un grand tee-shirt). Vous êtes bien tous les mêmes, tiens… Je peux prendre une douche, au moins ? C’est promis, j’essayerai de ne pas laisser trop de poils de cul dans la baignoire…

Jean-Luc – Oui, oui, bien sûr… C’est par là… Mais tu ne traînes pas trop, hein… Stan ne va pas tarder à revenir… C’est quand même un ami, tu comprends…

Deborah – Oui, je crois que je commence à comprendre…

À peine Deborah est-elle sortie que son portable se met à sonner. Jean-Luc ne répond pas, mais il a l’air très emmerdé.

Jean-Luc – Et merde…

Le portable s’arrête de sonner, et Jean-Luc souffle un peu. Il continue à chercher ses vêtements pour se rhabiller. Ce faisant, il retourne un quatrième tableau au dos duquel on lit : La luxure. Cette fois, c’est le téléphone de Jean-Luc qui se met à sonner. Jean-Luc décroche, paniqué.

Jean-Luc – Ouais…? Ah, Stan… Si, si, tout va bien… Écoute, je ne peux pas te la passer là, elle… Elle est aux toilettes… Si, si tout va bien… Dans dix minutes, ok… (Effaré) Avec Gabrielle ? Ah… Tu l’as croisée à la sortie du RER… Ok… Non, non, c’est bon… Non, rassure-toi, je ne dirai rien à propos de toi et de Deborah… Oui, je sais que Gabrielle connaît Mélanie… Bon, je fais au mieux, d’accord…

À peine a-t-il raccroché que Jean-Luc se met à flipper. Pour effacer toute trace de son forfait, il veut laver les draps, mais par mégarde, il met les fringues de Deborah dans la machine à laver avec les draps roulés en boule. Il fait partir la machine à laver. Deborah ressort de la douche. Elle se met à chercher ses vêtements, mais ne les trouve pas…

Deborah – Tu as vu mes fringues ?

Jean-Luc – Euh… Je ne sais pas, elles étaient par là, non ? Tu as regardé sous le lit ? Écoute, dépêche-toi, parce qu’ils arrivent dans cinq minutes…

Deborah – Ils…?

Jean-Luc – Stan et… Gabrielle. Ma copine…

Deborah – Ah, d’accord…

Deborah regarde sous le lit.

Jean-Luc – Alors ? Tu as trouvé ?

Deborah – Non… mais j’ai trouvé ça… (Elle sort de sous le lit trois boîtes de pizza et un paquet de chips). Je croyais que tu n’avais rien à manger…

Jean-Luc – C’est mon côté écureuil… Quand vient l’automne, c’est plus fort que moi… Je me mets à stocker des pizzas sous mon lit au cas où… C’est bizarre, hein ?

Deborah (atterrée) – Oui… Qu’est-ce que tu as foutu de mes fringues ? Je ne retrouve même pas ma culotte ! Tu n’es pas fétichiste au moins ?

Jean-Luc – Merde, la machine à laver…

Deborah – Quoi ?

Jean-Luc – J’ai fait partir une machine… Pour laver les draps… J’ai dû prendre tes fringues avec sans m’en rendre compte…

Deborah – Bravo…

Jean-Luc se plante devant la machine et observe le cadran.

Jean-Luc – Tu sais comment on arrête une machine une fois qu’elle est lancée…?

Deborah – On ne peut pas… (Elle regarde le cadran et lâche son verdict) Linge très sale… Deux heures…

Jean-Luc – On ne peut plus l’arrêter… C’est une machine infernale…

Deborah – Et moi, comment je fais ?

Jean-Luc – Tu pourrais te cacher dans un placard.

Deborah – Ça a déjà été beaucoup fait, non ? Pour un scénariste, ce n’est pas très brillant. Tu me déçois, Jean-Luc… Tu me déçois beaucoup…

Jean-Luc – Tu as une autre idée ?

Deborah – Je vais fouiller dans les tiroirs de ta copine… J’espère qu’elle a meilleur goût pour choisir ses fringues que pour choisir ses mecs…

Jean-Luc – Ah non !

Deborah – Tu préfères que je reste dans cette tenue pour la recevoir…?

Jean-Luc – Ok, vas y…

Stanislas revient avec Gabrielle. Gabrielle brandit une boîte de gâteau et une bouteille de Champagne.

Gabrielle – Surprise ! Tu ne croyais quand même pas que j’allais te laisser tout seul le soir de notre anniversaire de rencontre !

Jean-Luc – Notre anniversaire…?

Gabrielle – Je parie que tu avais oublié…

Stanislas (innocemment) – Deborah n’est pas là ?

Jean-Luc (embarrassé) – Si, si, elle… Elle est… aux toilettes.

Stanislas – Encore ?

Regard suspicieux de Gabrielle.

Gabrielle – C’est qui, Deborah ?

Air emmerdé de Jean-Luc.

Noir.

5 – L’orgueil

Deborah revient. Habillée dans un style très différent. Plu strict, moins sexy… et surtout beaucoup plus proche de celui de Gabrielle.

Gabrielle – Alors ?

Stanislas – Ben oui, c’est qui, cette charmante jeune femme… Je n’ai pas très bien compris quand on s’est croisé tout à l’heure. Il faut dire que je suis parti un peu précipitamment.. (À Gabrielle) Je venais de voir par la fenêtre que ma bagnole n’était plus garée en bas, alors évidemment…

Jean-Luc – Ben c’est… L’actrice principale, tu sais bien… Celle qui doit jouer le rôle de la prostituée…

Stanislas – La prostituée…?

Jean-Luc – La femme du maquereau… Enfin du martin pêcheur… Du marin pêcheur…

Stanislas – Ah, oui, bien sûr…

Jean-Luc – Elle est venue pour… Pour que je la briefe un peu sur le rôle…

Stanislas – Très professionnel de sa part. Mais c’est curieux, Deborah, j’ai l’impression que vous avez quelque chose de changé, depuis tout à l’heure, non ?

Gabrielle – C’est amusant, j’ai exactement la même robe…

Deborah – Ah oui, c’est très amusant, hein Jean-Luc…

Jean-Luc (à Stanislas pour faire diversion) – Alors, ta voiture…?

Stanislas – Tu ne vas pas le croire…

Jean-Luc – Au point où j’en suis, tu sais…

Stanislas – On ne me l’avait pas volé du tout. Elle était à la fourrière ! Je m’étais garé sur une place handicapé.

Jean-Luc – Non… Et tu n’y as pas droit ?

Stanislas – Ça c’est la bonne nouvelle… La mauvaise, c’est que du coup, je dois aller la récupérer au dépôt. Et ce n’est pas la porte à côté…

Deborah – Alors comme ça, tu as vraiment une Mini Cooper ?

Stanislas – Ben oui, pourquoi…?

Deborah lance un regard assassin en direction de Jean-Luc.

Deborah – Et j’imagine que tu n’es jamais allé en prison non plus…

Stanislas – Pas encore… (Blagueur) Mais tu sais, pour un stationnement interdit, avec un bon avocat, on peut encore espérer le sursis…

Gabrielle (froidement) – Bon, je vais aller mettre ça au frais… (À Jean-Luc) On reparle de tout ça tout à l’heure…

Gabrielle disparaît.

Deborah – Je crois que le mieux, c’est que je vous laisse en famille…

Stanislas – Tu ne veux pas que je te raccompagne ? Le temps de passer récupérer ma bagnole et…

Deborah – Je crois que ça ira comme ça. Je vais prendre le RER…

Stanislas – Je suis vraiment désolé pour ce soir, mais on peut remettre ça à une autre fois. Je t’appelle ?

Deborah – C’est ça, oui… Messieurs les pétomanes, je vous salue bien.

Stanislas – Les pétomanes ?

Jean-Luc – Je crois qu’elle a voulu dire mythomanes.

Stanislas – Ah bon… Ça me rassure…

Deborah s’en va. Stanislas souffle de soulagement.

Stanislas – Ça ne s’arrange pas trop mal, finalement…

Jean-Luc – Parle pour toi…

Stanislas se marre.

Stanislas – Ah ma poule, tu n’as vraiment pas de bol… Non seulement tu ne la niqueras jamais, mais en plus, c’est à toi de donner des explications à Gabrielle.

Jean-Luc – Tu trouves ça drôle ? J’en ai marre d’assumer tes conneries, Stan…

Stanislas – Il faut bien se marrer un peu, non… T’es trop coincé Jean-Luc… Deborah a raison : Pète un coup mon vieux…

Jean-Luc retourne un cinquième tableau au dos duquel est inscrit : L’orgueil…

Jean-Luc – Et puis qu’est-ce qui te dit que je l’ai pas niquée…

Stanislas (se marrant) – Toi…? (Ne se marrant plus) Toi ?

Jean-Luc – Moi.

Stanislas – Tu n’as pas fait ça…?

Jean-Luc – Pourquoi pas ?

Stanislas – Mais… Mais t’es un vrai salaud…

Jean-Luc – Dans ce cas, on est deux… J’en ai ras le bol, Stan de tes embrouilles merdiques, de tes bagnoles de mimiles et de tes pétasses à deux balles…

Stanislas – Ça ne t’a pas empêché de te la faire, d’après ce que tu dis… Comment tu as fait…?

Jean-Luc – J’ai laissé opéré mon charme naturel… Et puis je n’y suis pour rien, elle m’a pratiquement violé…

Stanislas – C’est ça, oui… Qu’est-ce que tu as bien pu lui raconter pour en arriver là… Je la trouve bizarre avec moi depuis tout à l’heure…

Jean-Luc – Elle se sent coupable par rapport à toi, sûrement… C’est un peu normal, non ?

Stanislas – Et si je racontais tout ça à Gabrielle.

Jean-Luc – Vas-y… Moi je raconterais tout à Mélanie…

Ils sont sur le point de se battre. Mais Gabrielle revient.

Gabrielle – Où est passée… Deborah ?

Jean-Luc – Elle a dû partir précipitamment…

Gabrielle – Je vois… Bon… (À Stanislas) Je t’accompagne à la fourrière pour récupérer ta voiture…?

Jean-Luc – Je peux le faire…

Gabrielle (ironique) – Mais non, voyons… Ça va me détendre un peu…

Stanislas – Je crois que j’ai oublié mon portable aux toilettes tout à l’heure, je reviens tout de suite…

Stanislas sort.

Gabrielle – Et puis je te rappelle que tu as un scénario à écrire… D’ailleurs, je suis curieuse de savoir ce que tu vas bien pouvoir me raconter à mon retour…

Stanislas revient.

Stanislas (à Jean-Luc) – Salut ma poule…

Gabrielle et lui s’en vont. Jean-Luc est anéanti…

Noir.

 

6 – La colère

Jean-Luc fait les cent pas dans son studio, essayant peut-être d’imaginer, justement, ce qu’il va bien pouvoir raconter à Gabrielle. On sonne à la porte. Il va ouvrir avec anxiété.

Jean-Luc – Stan ?

Stanislas – On dirait que tu n’es pas content de me revoir…?

Stanislas entre avec un air narquois.

Jean-Luc – Qu’est-ce que tu as fait de Gabrielle ?

Stanislas – Elle est en train de se rhabiller dans le parking…

Jean-Luc – Pardon ?

Stanislas – Finalement, l’arrière d’une Mini Cooper, c’est assez grand. Ou alors c’est que ta nana et moi, on est particulièrement souple. Mais qu’est-ce que tu veux, quand on est vraiment motivé…

Jean-Luc – Tu n’as pas fait ça…?

Stanislas – J’ai appelé Deborah tout à l’heure… Elle m’a parlé de… mon séjour en prison, de mon mariage à la synagogue, de mes trois enfants… Entre autres…

Jean-Luc – Je ne te crois pas… Gabrielle n’est pas comme ça…

Stanislas sort de sa poche une culotte qu’il lui lance à la figure de Jean-Luc.

Stanislas – Et ça, ce n’est pas à elle, par hasard…?

Jean-Luc blêmit.

Stanislas – Elle a très bien compris, pour toi et Deborah… Je n’ai pas même eu à lui dire…

Jean-Luc – Et après ?

Stanislas – Je me suis contenté de la consoler… Comme toi avec Deborah… Les femmes adorent qu’on les console… Peut-être aussi qu’elle a voulu se venger… Ou alors c’est mon charme naturel…

Jean-Luc – Casse-toi… Avant que je me mette vraiment en colère…

Stanislas – Je t’ai rendu la monnaie de ta pièce, mon pote… Maintenant, on est quitte…

Stanislas s’en va. Dans un état second, Jean-Luc retourne un sixième tableau au dos duquel est inscrit : La colère. Jean-Luc va chercher le gâteau et la bouteille de champagne dans le frigo. Avec une colère froide, il retourne systématiquement les six premiers tableaux côté peinture, et commence à les vandaliser, en les badigeonnant un avec la crème chantilly du gâteau (qui pourra bien sûr être de la mousse à raser facilement lavable). Il rajoute ensuite des moustaches à un autre tableau (avec un feutre lavable). Et autres graffitis à convenance. On sonne à nouveau à la porte. Jean-Luc va ouvrir. C’est Stanislas.

Jean-Luc – Qu’est-ce que tu veux encore ?

Stanislas – Ce n’est pas vrai…

Jean-Luc – Quoi ?

Stanislas – Il ne s’est rien passé entre Gabrielle et moi. Je suis un salaud, c’est vrai, mais pas au point de me servir d’elle pour une petite vengeance personnelle…

Jean-Luc encaisse le coup.

Jean-Luc (montrant la culotte) – Et ça ?

Stanislas – Je l’ai piqué dans un de ses tiroirs tout à l’heure avant de partir… Tu pourras vérifier à son retour, rassure-toi, il ne manque rien à sa panoplie d’ange. Mais je ne suis pas vraiment sûr que l’ange Gabrielle soit d’humeur à te montrer sa culotte ce soir…

Jean-Luc – Ok…

Stanislas – Et toi, avec Deborah ? C’était vrai ?

Le silence de Jean-Luc est un aveu.

Stanislas – Eh ben tu vois, c’est marrant, je n’en ai plus rien à foutre… Tu as raison, je suis un enfoiré. Et maintenant, tu es un enfoiré comme moi… Gabrielle, Mélanie… On ne les mérite pas… Je crois que je vais arrêter mes conneries…

Un temps.

Jean-Luc – Et Gabrielle ?

Stanislas – Elle m’a dit qu’elle retournait dormir chez sa mère… Mais là, je n’y suis pour rien, je t’assure… (Stanislas s’apprête à s’en aller). J’espère au moins qu’avec Deborah ça en valait la peine… (Il jette un regard aux toiles vandalisées par Jean-Luc). Ces peintures aussi, elles ont quelque chose de changé, non ? Allez, salut ma poule. Je t’appelle demain à propos du scénar…?

Stanislas s’en va. Jean-Luc reste seul, anéanti. Il essaie d’effacer les graffitis et le reste mais n’y parvient pas. Résigné, il saisit la bouteille de champagne et boit au goulot… tout en attaquant à la main ce qui reste du gâteau.

Noir.

 

7 – L’intempérance

Jean-Luc est ivre mort, la bouteille de champagne vide à côté de lui. Il se lève en titubant et retourne le septième tableau au dos duquel est inscrit : L’intempérance. On sonne à la porte. Paniqué, il planque à la hâte les sept toiles sous le lit avant d’aller ouvrir. Gabrielle entre.

Gabrielle (froidement) – J’avais oublié mes clefs…

Elle se rend compte qu’il a bu, et prend une première mesure du désordre dans le studio.

Gabrielle – Je vois que tu ne m’as pas attendue pour célébrer l’anniversaire de notre première rencontre…

Elle découvre la disparition des toiles.

Gabrielle – Où sont passées mes toiles ? Les sept péchés capitaux…

Jean-Luc – Tu ne vas jamais le croire…

Gabrielle – Vas-y toujours…

Jean-Luc – J’ai… J’ai été attaqué…

Gabrielle – Attaqué…?

Jean-Luc – Un commando de trois hommes. Ils portaient des masques…

Gabrielle (ironique) – Quel genre de masques…?

Jean-Luc – Attends… Ça s’est passé très vite… Mais… C’était des masques… Comment dire… Genre diaboliques, tu vois… Lucifer, Benoît XVI, Berlusconi… C’était peut-être une secte satanique…

Gabrielle (pour voir jusqu’où il peut aller) – Et ils sont entrés comment ? Je ne vois pas de trace d’effraction…

Jean-Luc – Ils avaient un double des clefs !

Gabrielle – Et ils n’ont emporté que mes toiles…

Jean-Luc – Ça prouve que ta cote commence à grimper… J’ai toujours cru en ton talent, Gabrielle.

Gabrielle paraît touchée par l’état de confusion dans lequel se trouve Jean-Luc. Elle semble prête à calmer le jeu, au moins momentanément.

Gabrielle – Moi aussi, j’ai cru en toi, Jean-Luc. Dès notre première rencontre. Et pourtant, avec un prénom pareil, ce n’était pas gagné. Mais ce soir, tu m’as déçue. Beaucoup déçue…

Jean-Luc – Je suis vraiment désolé. C’est… Je n’étais pas dans mon état normal, je t’assure. J’étais comme possédé…

Gabrielle – Possédé ?

Jean-Luc – Je ne sais pas… (Plus bas sur le ton de la confidence) Je me demande si ce n’est pas ces toiles que tu as peintes… Elles m’ont envoûté…

Gabrielle – Ce ne serait pas plutôt cette Deborah, qui t’aurait envoûté ?

Jean-Luc (pathétique) – Va savoir si ce n’est pas une envoyée du Diable, elle aussi…

Gabrielle – On reparlera de tout ça quand tu auras dessoulé, d’accord ?

Gabrielle disparaît dans la pièce à côté. Jean-Luc souffle un peu, et repousse du pied sous le lit un des tableaux qui dépasse. Il remet un CD. La chanson de Bénabar « L’Effet Papillon » : C’est l’effet papillon, petites causes et grandes conséquences. Pourtant jolie comme expression. Petites choses et dégâts immenses… ». Mais Gabrielle revient et éteint le CD. Elle brandit un soutien-gorge affriolant qu’elle vient de trouver dans la machine à laver qui a fini son programme.

Gabrielle – Et il faudra aussi que tu m’expliques comment tes cambrioleurs ont pu oublier ça dans la machine à laver. Parce que ce n’est pas à moi…

Jean-Luc se décompose.

Jean-Luc – Une soirée d’enfer, je te dis…

Lumière et bruitage satanique évoquant l’enfer.

Noir.

Ce texte est protégé par les lois relatives au droit de propriété intellectuelle. Toute contrefaçon est passible d’une condamnation allant jusqu’à 300 000 euros et 3 ans de prison.

Paris – Novembre 2011

© La Comédi@thèque – ISBN 979-10-90908-16-1

Ouvrage téléchargeable gratuitement

Une Soirée d’Enfer théâtre télécharger texte gratuit

Une Soirée d’Enfer théâtre télécharger texte gratuit

Une Soirée d’Enfer théâtre télécharger texte gratuit