Juste un instant avant la fin du monde

Just a moment before the end of the world – Apenas un instante antes del fin del mundo – Apenas um instante antes do fin do mundo –  TĚSNĚ PŘED KONCEM SVĚTA 

Une tragicomédie de Jean-Pierre Martinez

4 hommes ou 3H/1F ou 2H/2F ou 1H/3F ou 4 femmes

Trois personnes qui ne se connaissent sont convoqués pour participer à un jury populaire. C’est en tout cas ce qu’on leur a dit. Mais le lieu où on les a réunis n’est pas un tribunal. Ils apprennent qu’ils sont là pour décider ensemble comment gérer les conséquences d’une catastrophe inévitable qui doit frapper le monde dans un futur très proche. Les opinions divergent, et de nombreux rebondissements viennent relancer le débat. Tout au long de ce spectacle immersif, le public sera appelé à exprimer aussi son avis pour les aiguiller dans leurs choix, afin qu’ils prennent la meilleure décision possible pour faire face à la pire des situations imaginables.

Écrite bien avant la sortie du désormais célèbre film « Don’t Look Up », cette comédie grinçante explore avec humour le même questionnement autour de la communicabilité ou non d’une nouvelle socialement inacceptable : l’annonce d’une fin du monde à la fois imminente et inéluctable.


Ce texte est offert gracieusement à la lecture. Avant toute exploitation publique, professionnelle ou amateur, vous devez obtenir l’autorisation de la SACD.


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APRÈS NOUS LE DÉLUGE, la chanson. Paroles et Musique Jean-Pierre Martinez

Utilisation possible de ces chanson dans le cadre d’une mise en scène, sur simple demande à l’auteur et sans supplément de droits. Fichier sur demande mais seulement après avoir obtenu l’autorisation de la SACD pour ce qui est de l’utilisation du texte de la pièce.

Ces chansons peuvent aussi être interprétées en live par les comédiens de la pièce ou par des chanteurs, accompagnés par des musiciens présents sur scène, ou chantant sur une version d’accompagnement instrumentale enregistrée, fournie sur demande par l’auteur.

Nous vous invitons à découvrir l’ensemble du répertoire des chansons de Jean-Pierre Martinez sur son site dédié.

jeanpierremartinezmusic.com

 

 

 

 

 


Le mot de l’auteur

J’ai écrit cette pièce en 2020, pendant le premier confinement, et elle m’a été inspirée par l’atmosphère crépusculaire qui régnait à cette époque où dans nos pires cauchemars, en raison de cette crise sanitaire inédite, on pouvait imaginer si ce n’est la fin du monde, du moins l’extinction de l’Humanité, tout cela sur fond d’instauration rampante d’un régime à la fois protecteur, paternaliste et autoritaire. Mais cette réflexion sur la fin de la vie sur Terre est aussi une réflexion sur la fin de notre propre vie. Pour chacun de nous, en effet, tant qu’elle n’est pas sur le point de survenir, notre disparition reste une perspective presqu’aussi improbable que l’apocalypse. Nous savons avec certitude que cette échéance est inévitable. Et pourtant, le plus souvent, nous vivons comme si nous étions éternels. Ne pas connaître la date exacte de notre mort nous invite à vivre comme si nous étions immortels. Et si, en raison d’un événement extraordinaire, la fin du monde et donc la fin de notre vie devait inévitablement survenir dans un mois très exactement ? Le sujet semble très sérieux, et en un sens il l’est. Mais rassurez-vous, l’humour n’est jamais totalement absent de la tragédie. Et l’éventualité de la tragédie devrait être pour nous tous une invitation à profiter pleinement de chaque instant. Comme si ce devait être le dernier…


Le théâtre comme laboratoire de nos choix

Trois inconnus, convaincus d’avoir été convoqués pour participer à un jury, sont conduits dans un lieu secret où ils apprennent qu’un astéroïde doit détruire la Terre dans un mois. Leur mission n’est pas d’empêcher la catastrophe, mais de décider s’il faut révéler la vérité à la population ou lui cacher jusqu’au bout sa mort prochaine. Le public lui-même est bientôt intégré au dispositif et invité à voter : la situation dramatique devient ainsi une véritable expérience collective.

La pièce fonctionne comme une expérience de pensée dont les paramètres ne cessent de changer. Faut-il préférer la vérité au maintien de l’ordre ? Sauver tout le monde est-il impossible, sur quels critères choisir ceux qui survivront ? Le hasard est-il plus juste que le mérite ? Chaque nouvelle hypothèse oblige les personnages à remettre en cause les principes qu’ils affirmaient quelques instants auparavant. La catastrophe annoncée importe donc moins en elle-même que les dilemmes qu’elle fait surgir : confrontées à l’urgence et à la peur, les convictions politiques ou morales cessent d’être abstraites.

Cette mécanique donne aussi au spectacle sa dimension profondément théâtrale. Le public ne regarde pas des personnages débattre à sa place : il est pris à témoin, consulté et finalement soumis aux mêmes questions. La frontière entre fiction et réalité devient d’autant plus incertaine que les événements annoncés paraissent tour à tour invraisemblables, possibles, puis de nouveau remis en cause. Le spectacle transforme ainsi la salle en laboratoire où chacun éprouve ses propres certitudes sur la liberté, la vérité, l’autorité, la peur et la responsabilité collective.

Le dernier retournement donne tout son sens à cette construction : Sam révèle que l’expérience était une représentation clandestine dans un monde où le théâtre a pratiquement disparu. Ce qui était « faux » devient alors, précisément parce que c’était du théâtre, un moyen d’interroger le vrai. Juste un instant avant la fin du monde se referme ainsi sur une défense du théâtre comme espace de liberté et de réflexion : non pas un lieu chargé d’apporter des réponses, mais un art capable de placer spectateurs et personnages devant des questions qu’aucun discours théorique ne pourrait leur faire éprouver avec la même intensité.