Fake news de comptoir

The draw of the President –  El sorteo del Presidente – O sorteio do Presidente

Comédie de Jean-Pierre Martinez

6 à 10 comédiens :

Tous les rôles sauf un sont jouables indifféremment par des hommes ou des femmes. Certains comédiens peuvent jouer plusieurs rôles. Distributions possibles :

À 10 : 10H, 9H/1F, 8H/2F, 7H/3F, 6H/4F, 5H/5F, 4H/6F, 3H/7F, 2H/1F, 1H/9F, 10F
À 9 : 9H, 8H/1F, 7H/2F, 6H/3F, 5H/4F, 4H/5F, 3H/6F, 2H/7F, 1H/8F, 9F
À 8 : 8H, 7H/1F, 6H/2F, 5H/3F, 4H/4F, 3H/5F, 2H/6F, 1H/7F, 8F
À 7 : 7H, 6H/1F, 5H/2F, 4H/3F, 3H/4F, 2H/5F, 1H/6F, 7F
À 6 : 6H, 5H/1F, 4H/2F, 3H/3F, 2H/4F, 1H/5F, 6F

Au comptoir de l’unique bistrot d’un village dépeuplé par l’exode rural, pour échapper à leur destin mortifère, patrons et clients inventent pour blaguer de fausses nouvelles… dont certaines pourraient être des prophéties autoréalisatrices.


Ce texte est offert gracieusement à la lecture. Avant toute exploitation publique, professionnelle ou amateur, vous devez obtenir l’autorisation de la SACD.


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LE ROI DES CONS, la chanson. Paroles et Musique Jean-Pierre Martinez

Utilisation possible de ces chanson dans le cadre d’une mise en scène, sur simple demande à l’auteur et sans supplément de droits. Fichier sur demande mais seulement après avoir obtenu l’autorisation de la SACD pour ce qui est de l’utilisation du texte de la pièce.

Ces chansons peuvent aussi être interprétées en live par les comédiens de la pièce ou par des chanteurs, accompagnés par des musiciens présents sur scène, ou chantant sur une version d’accompagnement instrumentale enregistrée, fournie sur demande par l’auteur.

Nous vous invitons à découvrir l’ensemble du répertoire des chansons de Jean-Pierre Martinez sur son site dédié.

jeanpierremartinezmusic.com

 

 

 

 

 


Quand les fausses nouvelles fabriquent le réel

Dans l’unique bistrot d’un village désertifié par l’exode rural, Robert et Ginette commentent l’actualité avec leurs derniers clients, deux employés des pompes funèbres. Deux jeunes de passage décident de tromper leur ennui en fabriquant de fausses nouvelles dans le journal local. Robert apprend ainsi qu’il a été désigné Président de la République à la suite d’une élection par tirage au sort, puis découvre son propre avis de décès. Mais ces plaisanteries finissent par modifier le cours des événements, jusqu’à se retourner contre leurs auteurs.

La pièce progresse par une succession de mystifications de plus en plus élaborées. Chaque fausse nouvelle fait naître une situation nouvelle, avant qu’un renversement n’en révèle les conséquences inattendues. Le journal devient ainsi le moteur de l’action : ce qui est imprimé paraît nécessairement vrai et redessine ainsi l’avenir. Les déguisements, les changements de rôles et la possibilité de faire interpréter plusieurs personnages par les mêmes comédiens renforcent cette mécanique fondée sur l’imposture et la complicité avec le public.

À travers ces jeux de dupes, la comédie confronte deux générations qui se jugent mutuellement avec la même assurance. Les habitués du comptoir dénoncent les dérives de la jeunesse, la corruption des politiques et l’évolution catastrophique du monde ; les jeunes regardent leurs aînés comme les survivants d’une société condamnée. Pourtant, les uns comme les autres transforment leurs préjugés en vérités et leurs désirs en certitudes. Les fausses nouvelles ne créent donc pas seulement l’illusion : elles révèlent ce que chacun rêve secrètement de voir advenir. L’élection imaginaire flatte les ambitions de Robert, son faux décès précipite la fermeture du café et l’annonce d’un mariage pousse finalement les jeunes à envisager leur avenir commun.

Sous ses dehors de comédie de comptoir, la pièce propose aussi une réflexion malicieuse sur le pouvoir de la fiction. Le bistrot est explicitement présenté comme un théâtre, le comptoir comme une scène et ses habitués comme des comédiens. Lorsque le café menace de disparaître, sa possible transformation en café-théâtre permet à une nouvelle génération de reprendre le relais. La dernière fausse nouvelle devient alors une promesse de recommencement : le mensonge, après avoir semé le désordre, fait surgir une réalité nouvelle. Cette construction en boucle, servie par un décor unique, une distribution très modulable et des dialogues riches en formules comiques, offre une véritable comédie d’ensemble, à la fois populaire, satirique et profondément théâtrale.