Humeur et humour

Humeur et humour

ON N’ARRÊTE PAS LE PROGRÈS

Uber viendrait de lancer une nouvelle application qui cette fois permettrait de contourner le monopole des ascensoristes à Paris notamment dans les immeubles de plus de cinq étages. D’un simple clic, vous pourrez désormais commander depuis votre smartphone le trajet de votre choix jusqu’aux étages les plus élevés, sans passer par les ascenseurs traditionnels. Plus de détails très prochainement sur le mode de fonctionnement de ce nouveau service.

Je viens de découvrir avec ravissement qu’une place pour une de mes comédies, 4 Étoiles, qui sera jouée le 16 mai à Raon l’Étape par la MJC de l’Orme, était proposée à la vente sur Le Bon Coin au prix de 10 euros. Ce n’est pas encore le marché noir pour un show au Palais des Sports, mais c’est un début, non ? Donc si ça intéresse quelqu’un du côté de Raon l’Étape, dont je salue au passage tous les habitants amateur de théâtre…http://www.leboncoin.fr/billetterie/801654002.htm?ca=12_s

NAISSANCE ROYAL AU ZOO DE BUCKINGHAM !

Le monde entier enfin rassuré quant à la survie de l’espèce Rosbif à Sang Bleu : la preuve est faite que ces fins de race, comme les Pandas Géants, peuvent aussi se reproduire en captivité. Voilà pourquoi, sans doute, on n’avait jamais autant parlé d’une naissance depuis celle de l’Enfant Jesus. Même si dans le cas présent, le caractère exceptionnel de cet événement est relativisé par le fait que la mère n’est pas vierge. En tout cas, les bookmakers anglais tiennent aujourd’hui leur revanche. Il paraît qu’en l’An Zéro, ils avaient déjà parié sur la naissance d’une fille.

Si Jean-Baptiste Poquelin, au lieu d’écrire dans la langue de Molière, avait écrit dans la langue de Shakespeare, il aurait sans doute eu beaucoup plus de mal à se faire un nom.

ET BIEN MOI, JE COMPATIS AVEC MARINE…

Ça doit être terrible de découvrir tout à coup, à près de 50 ans, que son père, qu’elle pensait être un grand humaniste, est en réalité un type d’Extrême-Droite, raciste et négationniste. D’apprendre du même coup qu’elle se retrouve par mégarde à la tête d’un parti démago-populo-fasciste, alors qu’elle pensait diriger un Club Philanthropique. Non mais dans quel monde on vit ? Vous allez voir que demain, on va apprendre que le pape croit en Dieu et que Staline appartenait au Parti Communiste.

Le cinéma est né le jour où un metteur en scène de théâtre a trouvé le moyen de téléporter les comédiens d’un endroit à un autre entre chaque scène sans avoir à changer les décors.

On apprend aujourd’hui par la presse que le copilote responsable du crash de la Germanwings, en plus d’être suicidaire, était aussi malvoyant. À tous ceux qui prennent l’avion dans les jours qui viennent, si vous voyez un type avec une casquette et des épaulettes chercher l’accès de la cabine de pilotage en s’aidant d’une canne blanche, avec dans l’autre main une boîte d’antidépresseur, et bien… Bon voyage.

Marxiste (tendance Groucho) : Je n’accepterai jamais de faire partie d’un club qui m’accepterait pour membre. Un précepte plus profond qu’il n’y paraît, et qui peut aussi constituer une éthique, une règle de vie et un art de vivre.

« On ne naît pas femme, on le devient » (Simone de Beauvoir). Il en va de même pour les hommes. En revanche « Quand on est con, on est con » (Georges Brassens). C’est pourquoi le con est imperméable à toute théorie du genre. Le con universel transcende la notion de genre. On pourrait dire en quelque sorte que le con est par nature transgenre.

Le développement incontrôlé de l’intelligence artificielle est sans doute une menace pour la survie de l’espèce humaine, comme le souligne en ce moment un certain nombre de scientifiques. Hélas, la bêtise naturelle est depuis toujours un danger bien plus grand pour l’Humanité.

Si la guerre est un chose trop sérieuse pour être confiée à des militaires, il serait temps d’admettre que la religion est une chose trop dangereuse pour être confiée à des curés (des rabbins ou des imams).

L’ANGLETERRE NE SERA PAS LE CUBA DE L’EUROPE… Ceux qui pensaient que la « victoire » du Brexit, avec l’appui de la partie la plus âgée et la plus réactionnaire de l’électorat britannique, était le prélude à une révolution castriste en Europe, vont être déçus. Les rats (Boris Johnson et Nigel Farage) quittent déjà le navire amiral qu’ils viennent de saborder, et ce qui reste de l’équipage a pour seul projet de faire de leur Radeau de la Méduse un paradis fiscal (en ramenant l’impôt sur les société à 15%) afin d’empêcher les investisseurs de prendre le large. Dans ce paradis, demain plus encore qu’aujourd’hui, dumping fiscal rimera avec dumping social. Ce qui se dessine aujourd’hui en Angleterre ressemble décidément moins à une révolution socialiste qu’à une réaction ultra-libérale.

AU ROYAUME DÉSUNI, une majorité improbable faite de la jonction des extrêmes (extrême gauche et extrême droite, sans oublier l’apport non négligeable de l’extrême connerie) a voté pour une désintégration européenne. Il est désormais possible que le même vote ait lieu dans chaque nation d’Europe, avec le même résultat, et sur la même base électorale. Cet attelage contre nature sera peut-être en mesure bientôt de mettre fin à la construction européenne. Mais il est bien naïf de croire qu’une telle alliance objective des extrêmes pourrait un jour permettre de dégager dans chaque pays une majorité d’extrême gauche pour mettre fin au capitalisme en Europe. En Espagne, déjà, c’est la décrue pour Podemos. Tandis que l’extrême droite continue de monter partout ailleurs. Nous ne voulons pas de l’Europe de la démagogie, de la bureaucratie et des financiers ? Prenons garde à ne pas revenir demain à l’Europe des populismes, des nationalismes et des boutiquiers. Ceux qui en France applaudissent comme des enfants devant l’effondrement du château de cartes européen (alors que ce sont principalement les vieux qui ont voté contre l’Europe en Angleterre) sont peut-être les plus nombreux. Ils ne sont pas pour autant une majorité cohérente. Ils ne seront donc en rien une alternative. Il suffit pour s’en convaincre de voir la sidération des partisans du Brexit après leur triste victoire. L’ouverture de l’urne contenant la somme hétéroclite de leurs votes de rejet ressemble fort à l’ouverture de la Boîte de Pandore.

INTÉGRATION ET DÉSINTÉGRATION EUROPÉENNE. Depuis la fin de la dernière guerre, l’Europe était entrée dans un processus d’intégration à trois niveaux : intégration de l’immigration, intégration des régions, intégration des nations. La sortie de la Grande Bretagne de l’Union Européenne est d’abord le résultat de sa triple opposition historique à ce processus. Contre l’assimilation, elle a choisi le communautarisme. Contre la centralisation, elle a subi les indépendantismes, contre l’Europe elle a préféré l’atlantisme. L’avenir nous dira si le peu qui subsiste encore du Royaume Uni survivra à ce choix au-delà d’une simple Angleterre des communautés, face à ce qui restera de Communauté Européenne. Instrumentalisée par le capitalisme pour parfaire son grand œuvre, l’intégration européenne a cessé d’être un rêve pour devenir une réalité par définition décevante. Le désir mimétique, pour reprendre l’expression de René Girard, a cédé la place à un désir identitaire. Ceux qui cependant, aux extrêmes, se réjouissent de l’effondrement de cette Europe-là, risquent d’être déçus. Le capitalisme ne disparaîtra pas avec l’intégration européenne. Le capitalisme a toujours su s’adapter à tous les systèmes, et il s’accommodera encore très bien d’une Europe des nations, des régions et des religions. Et même d’une Europe des populismes de droite ou de gauche. Aujourd’hui, laïcité, centralisme et fédéralisme sont devenus des gros mots. Communautarisme, indépendantisme et nationalisme sont déjà des tabous. L’intégration apparaît plus que jamais comme une triple utopie. La désintégration n’est hélas plus maintenant seulement un rêve pour les démagogues de tous bords.

LA FIN DU RÊVE EUROPÉEN… Aujourd’hui, ce n’est pas l’Autriche, berceau du Troisième Reich, ou la Hongrie, gouverné par les néo-nazis, qui quitte l’Europe. Ce n’est pas non plus la Grèce à qui l’Europe donnerait son congé comme à un locataire qui ne paie plus son loyer. C’est bien la Grande Bretagne, modèle de démocratie et de liberté, ce pays même qui, seul, résista hier contre le nazisme pour finalement libérer l’Europe. Le symbole est terrible. Et ce matin, personne ne pourra dire bon débarras. Demain, tous les pays qui estiment que le coût de leur appartenance à l’Europe est supérieur aux bénéfices qu’elle leur apporte convoqueront à leur tour des référendums populaires. La démagogie fera le reste. Car le peuple, celui qui prit la Bastille mais qui aussi porta Hitler au pouvoir, n’a pas toujours raison. Aujourd’hui, la République tourne en rond autour de la Bastille. En France, ceux qui jusqu’à ce jour n’osaient qu’à demi-mots réclamer une sortie de l’Europe et de l’Euro tellement cette revendication semblait suicidaire, vont appeler à une consultation populaire. On connaissait déjà la droite décomplexée, nous saurons demain ce qu’est l’extrême droite décomplexée. L’Europe a été vendue aux peuples comme un rêve fédéral. Elle apparaît aujourd’hui comme une auberge espagnole. Merci à ceux qui croient en Dieu (dont je ne fais pas partie) de prier pour que demain, l’Euro n’évoque plus seulement qu’un ramassis de supporters alcoolisés qui, lorsqu’ils ne se battent pas entre eux pour un drapeau, beuglent leurs hymnes nationaux à chaque fois que leur pays marque un but. Même lorsque celui qui marque est un grand pays comme la France, et celui qui encaisse un pays minuscule comme l’Albanie, encore exsangue après un demi-siècle de dictature. Les symboles aussi peuvent tuer. Qu’un sang pur n’abreuve plus nos microsillons. Le rêve européen a vécu. Reste à sauver la réalité européenne.

DROITS D’AUTEUR ET BOUCHERIE CHEVALINE ou trop longue réponse à une question un peu courte.

QUESTION : Sur Le Proscenium nous avons trouvé une de vos oeuvres et nous voudrions la représenter. J’imagine qu’il n’y a aucun problème, mais, au cas où, nous vous demandons votre permission. PUIS ALORS QUE JE PRÉCISAIS QUE DES DROITS ÉTAIENT À PRÉVOIR ET QUE PAR AILLEURS JE PROPOSE MES TEXTES EN TÉLÉCHARGEMENT GRATUIT : Nous sommes une association sans but lucratif et nous ne faisons pas payer d’entrée. Nous représentons seulement 2 fois l’oeuvre dans le cadre de la semaine culturelle française de Cuenca. En d’autres occasions, nous nous sommes entendus avec les auteurs pour les payer directement ou bien en achetant une de leurs oeuvres publiée pour les membres de l’association. Nous n’aimons pas payer à la SGAE (représentant la SACD en Espagne) qui ne sont que des intermédiaires. Quelle est votre opinion ?

RÉPONSE : Monsieur, je ne sais pas quel métier vous faites, mais je vous suggère à mon tour, afin de vous épargner toute tracasserie administrative liée au paiement de votre travail, de vous passer de tous ces intermédiaires inutiles que sont l’assurance maladie, le système de retraite et les congés payés. Renoncez aussi au salaire minimum. Travaillez au noir comme votre femme de ménage. Faites vous payer en nature comme votre jardinier. Quelques pièces de monnaie, un ticket restaurant, un sourire, comme disent les SDF dans le métro. Ou plus simple encore, travaillez gratuitement. Si vous êtes enseignant, puisque vous ne faites pas payer l’entrée de vos classes à vos élèves, pourquoi vous paierait-on un salaire ? Si vous êtes médecin, et que vous voyez rarement plus de deux fois par an chacun de vos patients, pourquoi devraient-ils vous payer ? Si vous êtes prostitué(e) ne faites payer que vos clients réguliers et pour les occasionnels, contentez-vous du plaisir qu’ils vous ont donné. Si vous êtes à la retraite et que vous profitez indûment de toutes ces tracasseries administratives qu’on vous a imposées votre vie durant, renoncez donc à votre pension. Si vous êtes de gauche, réservez vos belles idées pour vos dîners mondains, et continuez de payer au noir la bonne qui fait le service pendant le repas et la vaisselle après. Mon opinion, Monsieur ? Choisissez un autre auteur. Un amateur qui sera suffisamment payé de l’honneur que vous lui faites de jouer ses pièces. Un jeune qui sera assez affamé pour accepter le sandwich que vous lui tendez. Un sans papier trop désespéré pour pouvoir prétendre à la couverture sociale dont vous bénéficiez pour votre part. Ou mieux encore, Monsieur, écrivez votre pièce vous-même. Vous vous rendrez peut-être compte alors que l’écriture est aussi un métier, comme celui que vous faites. Un métier qui s’apprend une vie durant à force de travail (et parfois même de formation, car il y a aussi des auteurs qui ont fait des études, c’est rare, mais ça existe). Bref un métier comme un autre qui mérite peut-être une vraie rémunération au delà d’un pourboire et d’une bonne poignée de main. Mon opinion, Monsieur ? Ne jouez pas ma pièce. Et lors du buffet qui suivra la représentation de celle que vous aurez choisie à la place (éventuellement encore plus mauvaise que la mienne mais gratuite), demandez à Coca Cola et au charcutier du coin de ne pas vous faire payer leurs produits puisque vous ne faites pas payer vos convives (mais je suis bête, si rien n’est prévu pour l’auteur, il y aura sans doute une petite participation pour le bar). Je vous déconseille en revanche de faire jouer l’une quelconque de mes pièces sans autorisation, car là il pourrait vous en coûter beaucoup plus cher qu’un sandwich ou une bonne bouteille de vin du pays (comme on me l’a une fois proposé du côté de Bordeaux). Vous n’avez pas aimé ma réponse, Monsieur ? Interrogez-vous pour savoir si votre question n’était pas un peu insultante. Jusqu’ici, je répondais poliment à ce genre de demandes, heureusement pas si fréquentes (même si les postures de gauche pour soi-même et l’apologie du travail au noir pour les autres font partout très bon ménage). Je faisais de la pédagogie, comme on dit. Mais je me suis lassé de faire de la pédagogie (surtout avec des profs), et de leur expliquer encore et encore qu’avant d’être des auteurs morts, ces écrivains dont les œuvres sont enseignées dans les écoles publiques par de méritants fonctionnaires (payés aussi avec les impôts des auteurs vivants) ou dont les pièces sont représentées par des associations à but non lucratif (mais parfois subventionnées et qui réclament très légitimement une cotisation annuelle à leurs membres), que ces écrivains, donc, ont dû vivre de leur travail avant d’être morts et libres de droits. Je suis auteur, et fier de l’être. Je ne suis pas fonctionaire de l’État et n’aspire pas à le devenir (comme c’était le cas pour les écrivains dans la Russie Soviétique). Je ne suis même pas salarié, et ne veux pas l’être (homme libre, jamais tu ne chériras les patrons, comme aurait pu le dire Beaudelaire). Je n’ai jamais reçu une seule de ces « aides à l’écriture » si généreusement distribuées (sur mes propres droits) à nombre de mes confrères pour les motiver à prendre la plume. Je n’ai ni congés payés, ni assurance chomage, ni indemnités en cas de maladie. Alors oui, je trouve insultant qu’on me demande de renoncer purement et simplement à tout droit d’auteur. Quand bien même ce serait pour vos bonnes œuvres. Laissez-moi la liberté de choisir les miennes. Que je ne financerai pas en tout cas comme une évidence avec votre propre salaire. Peut-être préférez-vous imaginer que tous les auteurs sont à l’affiche dans les grands théâtres parisiens, et qu’ils peuvent donc faire cadeau de leurs droits à toutes les autres compagnies. Il existe quelques uns de ces auteurs vedettes. Très peu. Autant que de bouchers qui ne vendent leurs steaks qu’à des célébrités. Et ces stars refusent le plus souvent aux amateurs le simple droit de jouer leurs œuvres, même en payant. Ce que nous faisons nous, auteurs de théâtre, relève le plus souvent de la boucherie chevaline. Un métier peu glorieux et en perte de vitesse, avec une clientèle interlope et désargentée. Dans leur immense majorité des gens merveilleux, pour qui la bouteille de vin du pays, c’est un cadeau de bon cœur qu’il nous font en plus de nos droits, qui par définition sont un dû. Nous écrivons pour vous. Aussi des pièces à grosses distributions, qui de ce fait ne seront jamais montées en professionnel. J’écris également de la poésie… sans but lucratif. Si je voulais faire fortune, je ferais un autre métier. J’en ai fait d’autres, plus rémunérateurs et plus stables. Celui-ci, je l’ai choisi. Et je fais juste en sorte de pouvoir en vivre. Je vous fais cadeau, Monsieur, de cette longue réponse que j’ai pris quelque soin à rédiger, quand votre question ne faisait que quelques lignes. Théâtralement, Jean-Pierre Martinez – Auteur de Théâtre

Aux quelques rares compagnies amateurs qui s’étonnent de devoir payer des droits d’auteurs au prétexte qu’elles ne jouent que pour le plaisir et qu’elles ne font pas payer les spectateurs, je répondrai : essayez donc de sortir sans payer d’une boucherie avec une tête de veau en expliquant au boucher que vous n’êtes pas restaurateur et que vous ne ferez pas payer vos invités.

QUAND LE THÉÂTRE MET LES VOILES… Si votre tolérance vous aveugle sur le blasphème que représente le voile contre l’humanisme, imaginez un théâtre où tous les rôles féminins seraient tenus par des femmes voilées. Le théâtre est ce lieu de liberté et de vérité où l’on ne se voile que pour mieux se dévoiler. C’est pourquoi cette boîte de strip-tease n’a jamais été en odeur de sainteté, sauf à être asservie à la seule fin de célébrer les mystères de la religion et à glorifier les guerres conduites en son nom. Le monde est un théâtre dont le théâtre est le miroir. L’humanité, comme le théâtre, commence avec la capacité de l’Homme à se reconnaître dans un miroir, et à rire de son propre reflet, qui en le déformant le révèle à lui-même. Le voile est un rideau qui tombe définitivement sur le théâtre et sur l’humanité.

AVANT MOI LE NÉANT, APRÈS MOI LE DÉLUGE : Il est tout à fait déraisonnable de croire que des prophètes nés de la dernière pluie (il y a 1500 ou 2000 ans à peine) pourraient détenir une vérité éternelle sur un monde né il y 3.000.000.000 d’années. La vanité de l’homme, et plus encore de celui qui succombe aux sirènes de la religion, est de croire que le monde n’a jamais existé avant lui, et n’existera jamais après lui.

VALLEY OF LOVE, UN ROAD MOVIE QUI FAIT DU SUR PLACE. Huppert qui fait du Huppert, Depardieu qui fait ce qu’il peut, Valley of Love nous offre le spectacle un peu pathétique de deux acteurs en roue libre, perdus dans la Vallée de la Mort, avec pour seule carte un scénario trop mince pour faire un film. À ne voir que par les fans inconditionnels de ces deux comédiens, trop grands pour un si petit film. Ou pour les nostalgiques de Laurel et Hardy…

L’ÉCOLOGIE A DÉSORMAIS SON PAPE ! On pouvait légitimement craindre jusqu’ici qu’un certain type d’écologie, en divinisant la Nature, ne tende à devenir une religion. Voilà maintenant que le Pape lui-même, à la tête d’une Église au bord de l’asphyxie, se convertit à l’Écologie, comme autrefois les rois se faisaient baptiser pour assurer la pérennité de leurs trônes. Paris vaut bien une messe. Et le Vatican vaut bien une carte verte. Mais à toute religion écologisante ou à toute écologie religieuse, l’humaniste athée que je suis préférera toujours un environnementalisme qui considère l’Homme comme un locataire de la nature, quand les humanistes honteux d’une religion culpabilisante voudraient en faire un squatteur.

Imparfait anagramme

Des contraires annulés le reste intemporel,
l’homme libre dément l’équilibre des mots,
le jeu à somme nulle de nos vies somnambules.
Quelque lettre excessive au parfait anagramme.

LA PROVENCE EST LA RÉGION DE FRANCE QUI RESSEMBLE LE PLUS À L’INDE… en ce qui concerne le style de conduite de ses automobilistes en tout cas. Excès de vitesse permanents, dépassement compulsifs, conduite à gauche… Il n’y a aucun autre endroit dans notre pays où l’expression « conduire à tombeaux ouverts » ne prend autant de sens qu’ici. Les statistiques sont d’ailleurs implacables : les Bouches du Rhône détiennent depuis très longtemps le record de France pour ce qui est du nombre de morts chaque année sur les routes. La Provence est la plus belle région de France. Grâce aux efforts de tous, faisons en sorte que chacun puisse profiter de son vivant de ce paradis. Bonne route !

Prendre la Pucelle d’Orléans pour porte-étendard des soudards du FN, c’est un peu comme de prendre une vierge pour fille à soldats : Les voies de Jeanne, comme celles du Seigneur, sont impénétrables. Mais les voix qu’elle entendait provenaient plutôt de Londres que de Vichy.

RÉPUBLICAIN donc CATHOLIQUE donc RÉACTIONNAIRE, voilà le nouveau catéchisme que voudraient nous vendre « Les Républicains » et leur nouvelle âme damnée Christian Estrosi, en annonçant hier la Troisième Guerre Mondiale contre la Cinquième Colonne de l’Islamo-fascisme, composée de métèques vivant dans des caves et qui, pour être détenteurs d’une carte d’identité nationale, n’en seraient pas pour autant de vrais Français. Avec une telle rhétorique pétainiste, et la normalisation supposée de la dynastie Lepen, on finit par se demander si l’UMP et le Front National, tous deux à la recherche d’une nouvelle identité, n’auraient pas eu meilleur temps à échanger leurs noms et leurs logos sur Le Bon Coin ou sur EBay. Et bien non, Monsieur Sarkozy, vous ne nous entraînerez pas, à la seule fin pitoyable de revenir aux « affaires » en 2017, dans votre guerre de religion, votre révolution nationale et votre retour à l’ordre moral. À votre devise pétainiste Républicain, Catholique, et Réactionnaire, nous préférons la nôtre : Démocrate, Laïque et Progressiste. L’histoire nous a montré en effet qu’il y a des « républiques » islamiques, soviétiques ou même socialistes qui font fi de la démocratie, que les religions quelles qu’elles soient ont toujours fait très bon ménage avec tous les fascismes, et que le but ultime de tous les conservateurs comme vous est par définition l’opposition au progrès qui vous déposséderait de vos privilèges. La République ne vous appartient pas, elle est par définition la chose publique, et vouloir s’accaparer la chose publique, cela s’appelle un coup d’état. Les vrais démocrates (qui incluent il faut l’espérer une partie des membres de l’ex-UMP) ne sont pas des intermittents de la guerre mondiale, ils sont en guerre permanente contre toutes les formes d’intégrisme politique, religieux et moral, que vous avez aujourd’hui décidé d’incarner totalitairement. Messieurs Sarkozy, Estrosi et autres Buisson, pour tous les démocrates, la Cinquième Colonne, c’est vous.

Il paraîtrait que Malraux n’aurait pas vraiment dit « le vingt et unième siècle sera religieux ou ne sera pas ». Tant mieux pour lui, car même si les grands hommes ont aussi le droit de dire quelques conneries, la mémoire de celui-ci aurait indéniablement souffert d’un tel aveuglement… Pour ce qui court déjà de notre siècle, en effet, on aurait plutôt tendance à penser qu’il sera laïque ou finira très mal.

Si la religion est l’opium du peuple, l’intégrisme est l’overdose qui guette les plus simples d’esprit.

LA PLUPART DES GENS ONT UNE PRATIQUE MODÉRÉE DE LA CONNERIE, MAIS DEPUIS HIER, ON SAIT QUE LA CONNERIE A AUSSI SES INTÉGRISTES. Que dire en effet d’un terroriste qui, après s’être tiré une balle dans le pied, appelle lui-même les pompiers, non sans avoir auparavant laissé derrière lui un filet de sang leur permettant de remonter jusqu’au véhicule où il avait laissé son artillerie ? Alibi invoqué par ce pied niqué du jihad : je voulais déposer tout ça à la déchèterie avant d’aller à la messe. C’est vrai que la connerie, lorsqu’elle est portée à un tel niveau de perfection, susciterait presque l’admiration. Mais il y a aussi une autre hypothèse. Le suspect aurait bien eu l’intention de commettre un attentat-suicide, mais comme le mode d’emploi qu’il avait reçu de Syrie était écrit de droite à gauche, il aurait par inadvertance tenté de se suicider avant de commettre son attentat. Non vraiment, si la connerie était une discipline olympique, moi je dis : champion du monde ! Tout cela serait presque drôle si, avant de réaliser son dernier exploit, ce maître-étalon de la connerie n’avait pas, probablement par erreur là encore, assassiné une jeune femme…

LEPEN ROI DES CONS ! D’après ses propres déclarations, Jean-Marie Lepen est français depuis mille ans (contrairement à Manuel Valls qui ne l’est que depuis trente ans). On reconnaît bien là le fantasme de la pureté des origines et de la race, qui depuis toujours travaille l’Extrême Droite et tous ses alliés objectifs. Bientôt ce Père Ubu, qui sur ses vieux jours hésite à se prendre pour le Maréchal Pétain ou pour le Comte de Saint Germain, va nous dire qu’il descend en droite ligne de la Pucelle d’Orléans ou de la Vierge Marine. Au royaume des aveugles du Front National, le borgne voudrait encore être le roi. Et il faut bien dire qu’il est difficile de lui contester ce titre. Car si Brassens, dans cette ballade, se moquait de tous ces cons qui sont nés quelque part, comment contester le titre de Roi des Cons à ce Français de la première heure, né il y a mille ans dans un hexagone qui n’existait pas encore en tant que tel ?

SANS POLÉMIQUER… Certains se scandalisent aujourd’hui en constatant que la France entière ne se soulève pas comme un seul homme en proclamant « Je suis un catholique Kényan » ou « Je suis un chrétien d’Orient ». Et ceux-là même attribuent exclusivement cette relative indifférence à un européanocentrisme égoïste : après tout, ce ne sont que des noirs ou des arabes… Ne soyons pas naïfs. Oui, bien sûr, le sort de ces populations lointaines nous touchent moins directement. On doit le regretter. Mais il faut bien le constater. Cependant, cette seule explication reste bien courte. Les massacres de ces populations constituent un génocide culturel. Ces gens sont exterminés pour ce qu’ils sont. C’est évidemment intolérable, et tout doit être fait pour stopper cette barbarie en frappant les barbares qui la perpètrent. Mais si la France entière, ou en tout cas une grande majorité, s’est levée comme un seul homme il y a quelques mois pour dénoncer le massacre d’une poignée de petits blancs rigolards et blasphémateurs, c’est parce que ces petits blancs (qui sans doute en buvaient aussi pas mal par ailleurs), n’ont pas été massacrés pour ce qu’ils étaient, mais pour ce qu’ils faisaient, à savoir défendre la liberté d’expression qui est le fondement de toute idée de démocratie. Ils se battaient pour défendre nos valeurs. Ils sont tombés au combat. Et la France des Lumières leur a rendu un hommage national. Afin que la lumière reste encore un peu allumée, grâce à ces fous de la liberté très allumés eux aussi. Oui, il faut agir pour que personne dans le monde ne soit persécuté pour ce qu’il est. Comme l’ont été hier les juifs ou les kurdes. Et comme le sont aussi aujourd’hui certains chrétiens de par le monde. Le pape, parmi d’autres, a raison de dénoncer ces massacres. Cependant, on aurait aimé de la part du chef de fil et représentant mondial des catholiques plus de compassion lorsque sont morts massacrés par les forces de l’obscurantisme religieux les soldats de notre liberté. Or il est nécessaire de rappeler ici l’hommage qu’il a rendu à ces martyrs de la démocratie : « Si un grand ami parle mal de ma mère, il peut s’attendre à un coup de poing, et c’est normal »… Pour le porte-parole des catholiques, donc, il semble aussi que toutes les victimes ne soient pas aussi dignes de compassion. Nous, laïques, continueront à dénoncer tous les actes génocidaires, quelles qu’en soient les victimes. Aux catholiques d’exiger de leurs représentants plus de clarté (c’est un euphémisme) quant aux persécutions contres les défenseurs de la démocratie.

Le philosophe est un aveugle qui cherche dans le noir la canne blanche qui lui permettrait d’aller à tâtons jusqu’à l’interrupteur pour allumer l’ampoule grillée qui devrait éclairer la pièce dans laquelle il ne se trouve pas. Le croyant ferme les yeux et prie pour que la lumière revienne à l’intérieur. Le sage apprend à distinguer toutes les nuances du noir au gris.

Destin

Par les temps qui courent à pas lents chemine
devant nous l’ombre à distance amenuie.
De nos envies l’absurde voisinage,
naîtra l’inévitable rendez-vous,
l’heureux hasard aussi d’une rencontre.

ON EN VIENDRAIT PRESQUE À REGRETTER LA BANDE À BAADER-MEINHOF… En ce temps-là, les terroristes étaient Bac plus 12. Ils étaient athés et pratiquaient la parité homme-femme. Ils avaient une conscience politique et n’en venaient à la lutte armée qu’après une longue dérive idéologique. Ils s’attaquaient à des symboles du pouvoir et à ceux qui détenaient le pouvoir pour mettre à bas un système économique et politique. En ce temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître, les terroristes prétendaient se battre pour instaurer sur la terre un monde meilleur. Leurs analyses étaient erronées. Les moyens qu’ils utilisaient étaient condamnables. Et les fins qu’ils poursuivaient étaient illusoires. Mais ils croyaient se battre pour l’humanité et contre l’injustice. En ce temps-là les terroristes étaient des intellos. Et il faut bien avouer qu’en secret, tout en réprouvant leur action, on admirait parfois le romantisme de ces enfants perdus de la lutte anti-capitaliste. Les terroristes d’aujourd’hui ont douze ans d’âge mental. Quand ce ne sont pas purement et simplement des malades mentaux. Ils ne s’expriment qu’à l’aide d’une dizaine de mots : prophète, blasphème, infidèles, charia… Ce sont de petites frappes qui ont tout raté, même leur carrière de délinquants, qui confondent culture et culturisme, et qui loin de combattre pour offrir à leurs semblables une vie meilleure, ont pour seul but d’exterminer tout ceux qui se distinguent un tant soit peu de leur propre médiocrité congénitale, à commencer par les symboles de la liberté de penser et de s’exprimer. Avant de mourir étouffés par leur haine des autres et d’eux-mêmes. Non, décidément, tout fout le camp. Même les terroristes ne sont plus ce qu’ils étaient. Nostalgie, quand tu nous tiens… Heureusement que pour rêver à un monde meilleur, il nous reste la Loi Macron.

ATHÉE ? NON, LIBRE PENSEUR… Les mots ont un sens. Ils véhiculent une idéologie. Et tous ceux qui aspirent à penser par eux-mêmes refusent l’étiquette d’athéistes que voudraient leur imposer la maison mère de toutes les religions, et ses nombreuses filiales, accréditant l’idée, par ce a privatif, que les athées seraient les eunuques de Dieu, à qui il manquerait irrémédiablement un appendice pour être tout à fait des hommes : vous avez encore dans le meilleur des cas le choix de votre directeur de conscience (comme dans les démocraties communautaristes anglo-saxonnes), mais en avoir un est une obligation morale, quand ce n’est pas légale (voir la censure en direct de la journaliste Caroline Fourest sur une chaîne anglaise au moment de montrer à l’antenne la Une du dernier Charlie Hebdo). Et bien non, le libre penseur n’a besoin d’aucun tuteur pour se tenir debout, d’aucune béquille pour marcher, et d’aucun guide pour penser. Non, ce ne sont pas les athées qui ont quelque chose en moins qui leur ferait défaut. Ce sont les adorateurs de tous les Dieux du ciel qui ont quelque chose en trop qui les empêche de penser sans entraves. Pour les hommes libres, la pensée n’est pas un restaurant dans lequel on aurait forcément à choisir dans un éventail de menus imposés. Quand le plat du jour n’est pas unique et obligatoire (comme dans les trop nombreuses théocraties qui gouvernent encore aujourd’hui une grande partie du monde, en maintenant leurs peuples dans l’ignorance par des croyances obscurantistes). La pensée d’un homme libre est à la carte. Pour les hommes épris de liberté, la démocratie n’est pas une fin en soi, mais un simple moyen de vivre ensemble pour permettre à chacun individu de s’épanouir dans sa singularité. La démocratie n’est que le pire des systèmes à l’exclusion de tous les autres, comme disait Churchill. Et le choix d’une servitude volontaire ne saurait être considéré comme le stade ultime de la liberté. Adeptes de toutes les religions, n’oubliez pas que les prophètes que vous idolâtrez aujourd’hui ont consacré leur existence à remettre en cause les conformismes, notamment religieux, de leur époque, et les systèmes d’oppression qui s’appuyaient sur eux. Jésus Christ lui-même a payé de sa vie la folie de vouloir contester les fondements de la religion de son propre peuple et le système politique en place. Non, vos prophètes ne vous appartiennent pas. Le fait religieux appartient à l’histoire du monde. Il appartient tout autant aux historiens de la culture qu’à vos papes de toutes confessions. Les martyrs ne sont pas des bourreaux. Et c’est par votre idolâtrie moutonnière que vous avez fait de la pensée révolutionnaire de vos prophètes un nouveau conformisme et une nouvelle dictature, en dévoyant leur esprit de liberté.

L’HOMMAGE TRÈS CHARLIE DE LUZ À SON COPAIN CHARB : « mon vieux pote, on ne va plus trop s’enculer tous les deux, mais l’humour bande encore ». Charlie ce n’est pas seulement un journal, c’est l’esprit français. Les idées de Voltaire et le style de Rabelais (ou Georges Brassens) : toujours grossier, jamais vulgaire. Quoi de plus tendre que ces quelques gros mots ? Tout est dit. Comme un défi à la barbarie des Talibans du langage. Seul l’humour officiel peut s’embarrasser de conformisme. Le véritable humour a besoin de liberté. Et Charlie, sans prétendre les faire tomber, nous a toujours montré où étaient les barrières.

On peut rire de tout mais pas avec n’importe qui. Il en va de même pour ce qui est de pleurer.

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