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Une comédie de Jean-Pierre Martinez
Deux hommes et deux femmes
Dans un futur où le suicide assisté a été remplacé par un recyclage volontaire, un homme et une femme, qui se sont rencontrés juste avant leur reconditionnement, réapparaissent au domicile très ordinaire du couple complètement obsolète qu’ils sont destinés à remplacer. Reste-t-il quelque chose de l’amour quand on a tout oublié ?
Ce texte est offert gracieusement à la lecture. Avant toute exploitation publique, professionnelle ou amateur, vous devez obtenir l’autorisation de la SACD.
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EURO STAR, la chanson. Paroles et Musique Jean-Pierre Martinez
Utilisation possible de ces chanson dans le cadre d’une mise en scène, sur simple demande à l’auteur et sans supplément de droits. Fichier sur demande mais seulement après avoir obtenu l’autorisation de la SACD pour ce qui est de l’utilisation du texte de la pièce.
Ces chansons peuvent aussi être interprétées en live par les comédiens de la pièce ou par des chanteurs, accompagnés par des musiciens présents sur scène, ou chantant sur une version d’accompagnement instrumentale enregistrée, fournie sur demande par l’auteur.
Nous vous invitons à découvrir l’ensemble du répertoire des chansons de Jean-Pierre Martinez sur son site dédié.
Reste-t-il quelque chose de l’amour… quand on a tout oublié.
À la veille de leur « recyclage volontaire », un homme et une femme se rencontrent dans un hôtel suisse. Lui a choisi de mourir, elle est condamnée par la maladie. Sachant qu’ils n’ont plus d’avenir, ils se rapprochent et décident de vivre ensemble leurs dernières heures. Après leur reconditionnement, ils réapparaissent pourtant, privés de tout souvenir, dans le salon d’un couple vieillissant qu’ils sont destinés à remplacer. Peu à peu, les nouveaux venus apprennent à vivre, prennent possession des lieux et renvoient les anciens occupants vers le même processus de recyclage.
La pièce repose sur cette construction en deux temps et sur un renversement progressif des places. Dans la première partie, les deux personnages savent qui ils sont mais vont perdre leur mémoire ; dans la seconde, ils ne savent plus rien d’eux-mêmes mais reconstruisent peu à peu une existence. Parallèlement, le couple installé, d’abord maître des lieux, devient progressivement inutile dans sa propre maison avant d’être déclaré « obsolète » et remplacé. Le vocabulaire informatique et commercial — reconditionnement, mise à jour, ancien modèle — transforme ainsi le cycle de la vie en procédure administrative et fait de l’être humain un produit que l’on remplace lorsqu’il n’est plus assez performant.
Mais cette mécanique dystopique conduit à une question plus intime : que reste-t-il de nous lorsque nos souvenirs ont disparu ? L’homme et la femme reconditionnés ne se reconnaissent pas, mais éprouvent à nouveau l’un pour l’autre une attirance inexplicable. Jusqu’au whisky qu’ils n’aiment toujours pas, plusieurs détails font affleurer quelque chose de leur rencontre précédente sans qu’aucun souvenir conscient ne revienne. Le titre Déjà vu prend alors tout son sens : la pièce laisse entendre que l’identité ne se réduit peut-être pas à la mémoire et que l’amour pourrait subsister sous la forme d’une inclination, d’une sensation familière, d’un lien dont on a oublié l’histoire. Leur « deuxième chance » referme ainsi la pièce sur la rencontre par laquelle elle avait commencé.



