| Apocalypse – Apocalipsis (español) – Apocalipse (portugués) |
Une tragi-comédie musicale de Jean-Pierre Martinez
Pour un ou plusieurs duos de comédien(ne)s de sexes indifférents.
Depuis quelques décennies déjà, les canicules se succèdent, toujours plus précoces, plus longues et plus sévères. Les « records » de chaleur sont battus année après année. L’Humanité semble courir à sa perte, sans être capable de se réformer pour éviter cette apocalypse annoncée. Cet implacable mécanisme est celui-même de la tragédie : on sait déjà que ça se terminera mal, mais on ne peut rien faire pour l’empêcher… Jean-Pierre Martinez, à la fois dramaturge et parolier, a néanmoins choisi de tirer la sonnette d’alarme, en sketchs et en chansons. Avec gravité mais non sans humour, il nous alerte sur la fragilité de l’espèce humaine, et sur l’absurdité de son destin si elle venait à disparaître alors qu’elle a à la fois la connaissance du danger mortel qui la menace, et les moyens de l’écarter. À moins que la disparition de l’Humanité ne soit inscrite dans son ADN, sans que rien ne puisse changer sa fin programmée…
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Les chansons peuvent être interprétées en live par les comédiens de la pièce ou par des chanteurs, accompagnés par des musiciens présents sur scène, ou chantant sur une version d’accompagnement instrumentale enregistrée, fournie sur demande par l’auteur. Les chansons peuvent aussi être diffusées sous forme de bande-son intégrée au spectacle, sans musiciens ni chanteurs, donc.
La tragédie d’une catastrophe annoncée
En huit tableaux, Canicule retrace l’effondrement progressif d’une humanité confrontée au dérèglement climatique. À la chaleur encore insouciante des premières scènes succèdent le déni, la prise de conscience, la pénurie, la révolte, puis l’extinction. Interprétés par un ou plusieurs duos, les personnages peuvent changer à chaque étape ou apparaître comme les mêmes êtres projetés à différents moments de la catastrophe.
La pièce adopte la mécanique implacable de la tragédie : chacun connaît le danger, mais personne ne parvient à modifier le cours des événements. Le mythe d’Icare fournit la première image de cette humanité grisée par sa puissance, qui s’approche toujours davantage du soleil malgré les avertissements. La progression conduit finalement les deux derniers survivants dans un enfer qui pourrait tout aussi bien être une Terre devenue inhabitable.
La satire vise moins l’ignorance que les stratégies permettant de ne pas agir : climatoscepticisme, recherche de solutions individuelles, soumission aux impératifs économiques ou résignation devant un problème mondial. Les inégalités sociales se prolongent jusque dans la catastrophe : certains disposent encore de la climatisation ou rêvent de quitter la planète, tandis que les autres se battent pour un peu de fraîcheur. L’humour et l’absurde rendent sensibles ces contradictions sans transformer le spectacle en démonstration didactique.
Les chansons prolongent chaque scène par un contrepoint poétique et donnent à l’ensemble la forme d’une tragi-comédie musicale. Le motif des bulles de savon relie le commencement à la fin : fragiles, brillantes et provisoires, elles deviennent l’image d’une humanité qui se croyait éternelle. Canicule met ainsi en scène le paradoxe le plus tragique de notre époque : une espèce capable de comprendre les causes de sa disparition, mais peut-être incapable de changer assez vite pour l’empêcher.
