Alonzo King : transmuter notre humaine pesanteur en un élan vital
Vu le 1er décembre 2021 à l’Opéra Grand Avignon

La danse, pas plus que la peinture, n’a par nature vocation à être seulement figurative et narrative. Comme la musique, elle peut aussi se faire abstraite et purement formelle. L’émotion esthétique ne jaillit pas alors de la représentation et du récit, supports du symbole et de l’allégorie, mais de la sensation pure et de la liberté d’imaginer.
Fusionnant justement musique et chorégraphie, sans qu’il soit possible de décider si la musique accompagne la danse ou si elle la dirige, Alonzo King nous offre avec ces deux pièces de ballet un spectacle multi-sensoriel, débarrassé du pittoresque et de l’anecdote, pour toucher à la poésie pure quand, libérée elle aussi de la description et de la comparaison, elle touche à l’essentiel et au réel sans passer par l’idée concrète et la réalité commune. Les titres respectifs de ces deux pièces de ballet résument d’ailleurs parfaitement la proposition d’Alonzo King. Azoth, c’était pour les alchimistes le nom de l’agent permettant la transmutation du plomb en or. Cette définition pourrait tout aussi bien convenir à l’art du ballet, qui s’applique à transmuter la pesanteur de notre corporalité trop humaine en un élan à la fois formel et spirituel vers une perfection idéale. The Personal Element, par ailleurs, illustre bien cette conception poétique du ballet d’Alonzo King qui, sans imposer au spectateur un langage à décoder et une signification à trouver, lui laisse la liberté de découvrir dans l’émerveillement son propre rapport esthétique à l’art et de donner un sens très personnel au spectacle qui lui est offert.
Un très beau spectacle, magistralement interprété par le Alonzo King LINES Ballet de San Francisco, actuellement en tournée en Europe.
Critique de Jean-Pierre Martinez
Chorégraphie Alonzo King
Musique : Jason Moran (The Personal Element et Azoth) et Charles Lloyd (Azoth)
Arrangements musicaux : Philip Perkins
Lumières : Jim French
Costumes : Robert Rosenwasser
Danseurs : Adji Cissoko, Madeline DeVries, Lorris Eichinger, Shuaid Elhassan, James Gowan, Ilaria Guerra, Maya Harr, Marusya Madubuko, Alvaro Montelongo, Michael Montgomery, Tatum Quiñónez
Lien vers le site de l’Opéra Grand Avignon
Lien vers le site de la Compagnie Alonzo King LINES Ballet
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En cette période de fêtes, l’Opéra du Grand Avignon prend le Parti d’en rire.
L’Opéra Grand Avignon nous invite en cette fin d’année à un banquet très particulier avec Les Chevaliers de la Table Ronde, opéra bouffe de Louis-Auguste-Florimond Ronger (dit Hervé), inventeur méconnu de l’opérette au XIXème siècle, et qui ne connut donc pas le même succès ni la même postérité que son rival Offenbach. Sur un livret d’un humour potache totalement assumé, cette œuvre nous propose un pastiche des romans de chevalerie, avec une adaptation multipliant anachronismes et clins d’œil au public provençal, le tout dans une mise en scène très burlesque. La légèreté revendiquée du livret, cependant, ne saurait éclipser l’interprétation magistrale de l’Orchestre National Avignon-Provence, ainsi que la virtuosité des chanteurs et singulièrement des chanteuses, qui nous livrent une performance vocale remarquable. Un spectacle tout public, encore à l’affiche jeudi 30 et vendredi 31 décembre à l’Opéra Grand Avignon.





Dans ce spectacle en forme de cabaret psychanalytique, Alain Klinger et Lionel Dameï interprètent à tour de rôle ou d’une même voix quelques chansons connues ou moins connues de cette artiste populaire qui sut conquérir pour toujours un public très large par la sincérité de son engagement.

