| Such a Lovely Village – Un pueblo tan bonito – Uma aldeia tão bonita |
Une comédie de Jean-Pierre Martinez
8 comédiens
Certains rôles sont indifféremment masculins ou féminins
3H/5F, 4H/4F, 5H/3F, 6H/2F, 7H/1F, 8H
Le village de Casteljarnac sera demain englouti sous les eaux d’un barrage. Tous les résidents ont été évacués. Les vivants… comme les morts. C’est alors qu’une découverte macabre va réveiller les soupçons
concernant une mystérieuse affaire qu’on pensait à jamais enterrée. À la veille de sa disparition, ce village n’a décidément pas livré tous ses secrets…
Ce texte est offert gracieusement à la lecture. Avant toute exploitation publique, professionnelle ou amateur, vous devez obtenir l’autorisation de la SACD.
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LE PLUS BEAU VILLAGE, la chanson. Paroles et Musique Jean-Pierre Martinez
Utilisation possible de ces chansons dans le cadre d’une mise en scène, sur simple demande à l’auteur et sans supplément de droits. Fichier sur demande mais seulement après avoir obtenu l’autorisation de la SACD pour ce qui est de l’utilisation du texte de la pièce.
Ces chansons peuvent aussi être interprétées en live par les comédiens de la pièce ou par des chanteurs, accompagnés par des musiciens présents sur scène, ou chantant sur une version d’accompagnement instrumentale enregistrée, fournie sur demande par l’auteur.
Nous vous invitons à découvrir l’ensemble du répertoire des chansons de Jean-Pierre Martinez sur son site dédié.
Les cadavres ne remontent pas toujours à la surface
À la veille de sa disparition sous les eaux d’un barrage, Casteljarnac tient sa dernière réunion dans le bistrot communal. Les habitants ont été évacués et les morts transférés vers le nouveau cimetière. Mais la découverte d’un corps clandestinement enseveli dans le caveau de la famille du maire vient bouleverser cette cérémonie d’adieu. Avant que le village ne soit détruit, ceux qui détiennent chacun une part de son histoire doivent décider s’ils laisseront enfin la vérité remonter à la surface.
La pièce transforme progressivement cette assemblée municipale en enquête collective. Chaque arrivée apporte un nouvel élément, chaque aveu modifie le sens des révélations précédentes et chacun se trouve tour à tour témoin, suspect ou complice. L’imminence de la mise en eau impose un compte à rebours dramatique : il ne reste que quelques heures pour parler ou se taire à jamais. Les jeux de mots funèbres, les réflexes professionnels et les réparties irrévérencieuses entretiennent parallèlement une veine comique qui empêche cette excavation du passé de devenir pesante.
À travers la construction du barrage, Un si joli village interroge aussi les ambiguïtés de l’intérêt général. La transition écologique exige des sacrifices, mais ceux-ci ne sont pas également répartis et certains savent déjà tirer profit du nouveau paysage. À cette injustice présente répond une falsification plus ancienne : celle d’une communauté qui a bâti son identité autour d’un héros officiel en effaçant une femme étrangère devenue victime de l’omerta collective. Statues, légendes locales et décisions municipales apparaissent ainsi comme autant de moyens de fabriquer une mémoire commune — ou d’en organiser l’oubli.
Réunie dans un lieu unique, la distribution forme un véritable chœur où chaque personnage défend à la fois une conviction, un intérêt et une part de culpabilité. La souplesse de la distribution renforce encore cette dimension collective. Le vote final, qui donne une apparence démocratique au retour du silence, constitue l’un des gestes les plus troublants de la pièce : le village disparaît, mais ses mécanismes de pouvoir lui survivent. Entre comédie noire, enquête et fable politique, Un si joli village montre que l’eau peut recouvrir les lieux sans jamais dissoudre entièrement ce qui s’y est passé.


