| The performance is not cancelled – La función no está cancelada – A representação não está cancelada |
Une comédie de Jean-Pierre Martinez
8 comédiens
La plupart rôles sont indifféremment masculins ou féminins
1H/7F, 2H/6F, 3H/5F, 4H/4F, 5H/3F, 7H/1F
Une troupe de comédiens s’apprête à entrer en scène pour un spectacle sur les dernières heures de la vie de Molière. Rien n’est prêt et les difficultés s’accumulent. Jusqu’au vol de la recette du jour… Faut-il annuler la représentation en précipitant ainsi la ruine de ce théâtre au bord de la faillite, ou bien jouer coûte que coûte ?
Ce texte est offert gracieusement à la lecture. Avant toute exploitation publique, professionnelle ou amateur, vous devez obtenir l’autorisation de la SACD.
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Utilisation possible de ces chanson dans le cadre d’une mise en scène, sur simple demande à l’auteur et sans supplément de droits. Fichier sur demande mais seulement après avoir obtenu l’autorisation de la SACD pour ce qui est de l’utilisation du texte de la pièce.
Ces chansons peuvent aussi être interprétées en live par les comédiens de la pièce ou par des chanteurs, accompagnés par des musiciens présents sur scène, ou chantant sur une version d’accompagnement instrumentale enregistrée, fournie sur demande par l’auteur.
Nous vous invitons à découvrir l’ensemble du répertoire des chansons de Jean-Pierre Martinez sur son site dédié.
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Jouer coûte que coûte : le théâtre envers et contre tout
Lorsque le public entre dans la salle, la représentation semble ne pas avoir encore commencé. La directrice règle elle-même les projecteurs, le décor se résume à un fauteuil et les comédiens, qui ne connaissent pas vraiment leur texte, menacent de faire grève parce qu’ils n’ont pas été payés. La pièce prévue doit raconter les dernières heures de Molière, contraint de monter sur scène malgré la maladie pour éviter la faillite de sa troupe. Mais lorsque la recette du jour disparaît, la situation du théâtre contemporain rejoint celle de Molière : faut-il annuler ou jouer coûte que coûte ? L’arrivée de la police transforme alors le public en témoin, les comédiens en suspects et le plateau en scène de crime.
Toute la construction repose sur l’impossibilité de distinguer les préparatifs du spectacle de la représentation elle-même. Ce qui paraît d’abord relever des coulisses — problèmes techniques, conflits financiers, interrogatoire policier ou recherche de comédiens parmi les spectateurs — constitue en réalité la matière de la pièce. Chaque obstacle qui devrait empêcher le spectacle de commencer produit une nouvelle scène. La représentation prévue n’a donc jamais vraiment lieu, mais une autre s’invente sous nos yeux à partir de ses ratés. Le titre devient ainsi un véritable principe dramaturgique : annoncer que la représentation risque d’être annulée est précisément ce qui permet de la faire exister.
La farce dessine en même temps un tableau mordant de la précarité du spectacle vivant. Comédiens impayés, directrice cumulant les fonctions, décor réduit faute de moyens, dépendance envers les sponsors et menace de voir le théâtre racheté par une organisation religieuse : tout rappelle que l’art théâtral demeure une activité économiquement fragile. Pourtant, la pièce ne se limite pas à cette satire. Derrière les querelles et les arrangements douteux se manifeste une fidélité profonde à la scène. Les personnages peuvent se disputer, tricher ou improviser pour gagner du temps, mais tous finissent par défendre ce lieu où l’illusion permet de faire surgir une vérité.
La présence de Molière donne à cette comédie contemporaine une profondeur historique. Entre le dramaturge mourant qui refuse d’abandonner sa troupe et ces artistes d’aujourd’hui prêts à jouer malgré le manque d’argent, les mêmes difficultés semblent traverser les siècles. Avec son plateau presque nu, sa distribution modulable, ses adresses directes à la salle et ses possibilités d’improvisation avec les spectateurs, La représentation n’est pas annulée fait du théâtre lui-même son principal personnage. Le monologue final du fantôme de Molière transforme alors la farce en déclaration d’amour à cet art menacé, toujours annoncé mourant et pourtant toujours capable de renaître le temps d’une représentation.







