Dalida sur le divan de Joseph Agostini
Spectacle vu en avant-première du festival Off 2022, le 28 avril 2022 au Verbe Fou
Création Avignon 2022

« Dalida sur le divan », un cabaret psychanalytique
Dalida occupe une place très singulière au panthéon de la chanson française. Vedette de son vivant, elle est devenue après sa mort un véritable monument. Parce qu’elle fut une immense interprète et qu’elle nous a légué quelques chansons inoubliables, bien sûr. Mais aussi parce qu’elle fait partie de ces chanteuses qui ont fait de leur destin tragique un parcours artistique. À moins que ce ne soit l’inverse, tant les mots que ses paroliers ont mis dans sa bouche ont semblé après coup prophétiques.
Oui, Dalida est un cas. Un cas à part dans l’histoire de la chanson. Mais aussi un cas au sens psychanalytique, comme l’a très bien perçu Joseph Agostini, concepteur de ce spectacle et auteur du livre éponyme « Dalida sur le divan », qu’il adapte ici pour la scène. Comme dans le célèbre programme télévisé « Sur le divan » d’Henry Chapier, que les plus jeunes d’entre nous ne peuvent pas connaître, un psychanalyste, joué par Alain Klinger, reçoit sur son divan une Dalida magnifiquement incarnée par Lionel Dameï. Et le choix de faire interpréter par un homme cette chanteuse ayant symbolisé un certain idéal féminin n’est pas la moindre réussite de ce spectacle. Image de l’éternel féminin, Dalida, en effet, est aussi devenue une icône gay. Sans doute parce qu’elle représenta à son époque une sexualité complexe, sans concession, hors norme et en cela potentiellement tragique.
Oui, à travers les mots de ses paroliers attitrés, c’est bien sa vie que Dalida a chanté tout au long de son existence mouvementée. Plus encore, Iolanda Gigliotti a sciemment choisi d’incarner, à la scène comme à la ville, ce personnage tragique qu’elle a nommé Dalida. Pour essayer de trouver son identité propre, avant de se perdre dans cette périlleuse entreprise qu’est la recherche de soi-même.
Dans ce spectacle en forme de cabaret psychanalytique, Alain Klinger et Lionel Dameï interprètent à tour de rôle ou d’une même voix quelques chansons connues ou moins connues de cette artiste populaire qui sut conquérir pour toujours un public très large par la sincérité de son engagement.
Joseph Agostini a choisi de mettre en scène une Dalida au crépuscule d’une existence à la fois intense et tourmentée. Elle s’apprête à retourner au Caire pour tourner avec Youssef Chahine le film « Le sixième jour », qui donnera à la chanteuse l’occasion de devenir enfin la tragédienne qu’elle rêvait d’être. Juste avant de tirer volontairement sa révérence l’année d’après, et pour toujours.
Une parenthèse musicale enchantée, et un moment d’humanité partagée, en compagnie d’un mythe de la chanson française, dont le destin restera pour toujours un mystère. Un spectacle à ne pas manquer.
Critique de Jean-Pierre Martinez
D’après le livre éponyme de Joseph Agostini, adapté pour la scène par l’auteur, Lionel Dameï et Alain Klingler
Avec
Lionel Dameï, comédien, chanteur, auteur
Alain Klinger, comédien, chanteur, pianiste
Regard et mise en scène : Sophie Lahayville et Christophe Roussel
Direction technique : William Burdet
Du 7 au 30 juillet, à 13h30 au Verbe Fou, 95 rue des Infirmières
Lien vers le site du Verbe Fou
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Un des rares avantages de mourir jeune est de laisser pour toujours à ceux qui restent l’image de la jeunesse. Michel Berger nous a quittés prématurément, et on garde de lui le souvenir de son visage d’éternel adolescent, de sa voix juvénile et de ses chansons délicieusement nostalgiques.
Hélène Zidi adapte à la scène le film culte « Gazon maudit »
Il est rare de voir ensemble sur une scène française deux aussi grosses pointures du jazz d’outre-Atlantique. Il était encore plus improbable de les réunir dans un théâtre avignonnais qui vient à peine d’ouvrir ses portes au cœur même de la Cité des Papes. Patrick Zard et Julien Cafaro, les deux directeurs de ce nouveau lieu à la programmation très éclectique, ont saisi l’occasion du passage en France de ces deux stars américaines pour les inviter à offrir à une centaine de privilégiés un concert inoubliable. Pendant plus de deux heures, en deux sets gagnants, les deux complices Mark Whitfield (à la guitare) et Joe Farnsworth (à la batterie), accompagnés pour la circonstance d’Olivier Truchot (au piano) et de Patrick Maradan (à la basse), ont enflammé le public en revisitant avec un enthousiasme communicatif et une incroyable virtuosité les plus grands standards du jazz ou leurs propres compositions. Le spectacle était aussi visuel avec ce guitariste monté sur ressorts, chantant ses notes autant qu’il les joue, face à son impassible batteur impeccablement mis dans son costume cravate, caressant les fûts de sa batterie avant de les matraquer sans qu’une seule goutte de sueur perle à son front. Avec ce concert d’exception, ces quatre musiciens hors normes, qui se sont produits sur les scènes du monde entier avec les plus grands (Quincy Jones, Ray Charles, Herbie Hancock ou encore Scott Hamilton), laisseront assurément une empreinte indélébile dans la mémoire des amoureux du jazz présents ce soir-là à L’Oriflamme, et qui dans de nombreuses années encore pourront dire « j’y étais ». Merci à L’Oriflamme pour ce cadeau. Et à bientôt pour d’autres rendez-vous dans ce nouveau théâtre, notamment pendant le prochain festival OFF qui devrait être un bon cru, avec une très belle programmation.
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